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TOP 2007 des meilleurs films selon LATERNA MAGICA

 

Comme chaque année, nous avons élu nos films préférés de l'année. En voici le résultat.

Vous êtes bien sûr invités à procéder de même, afin d'établir le classement des lecteurs !

 

187725311. Paranoïd Park de Gus van Sant (USA)

    La synthèse parfaite des trois précédents chefs d’œuvre de Gus Van Sant, un des rares cinéastes à utiliser aujourd’hui tous les moyens du cinéma

 

18792122 2. 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu (Roumanie)

Un suspens intense et viscéral, une réalisation subtile qui capte tout ce que l’humain peut avoir de plus abjecte et de plus noble, le tout sans aucun artifice, mais une justesse proprement sidérante.

 

187571183. Still Life de Jia Zhang-Ke (Chine)

Entre passé et modernité, destruction et construction, tragédie et espoir. Une métaphore de la Chine en mouvement et un film d’une extraordinaire et époustouflante beauté formelle.

 

18719097 4. INLAND EMPIRE de David Lynch (USA)

Le film le plus malsain de David Lynch. Une descente aux enfers surréaliste et terrifiante et une puissance d’abstraction qui confine au cauchemar. INLAND EMPIRE n’est que pur ressenti. Une expérience hors norme et fascinante

 

188055855. L'Assassinat de Jesse James d'Andrew Dominik (USA)

    Le crépuscule de Jesse James pour un western sous la neige bercée par une mélancolie amer et un Brad Pitt absolument Brandoesque. Un film qui hante longtemps après la fin de la projo.

     

18795454 6. Control d'Anton Corbijn (Grande-Bretagne)

    Le destin tragique d’un gamin qui ne voulait pas grandir. Un noir et blanc sublime et une sobriété a toute épreuve qui participe à la richesse d’un film porté par la prestation géniale de Sam Riley, et une B.O évidemment sublime

     

18828610 7. De l'autre côté de Fatih Akin (Allemagne)

    Beau à en pleurer. Un film bouleversant et d’une profonde richesse.

     

     

18824866 8. La Nuit nous appartient de James Gray (USA)

    Gray développe les thèmes qui lui sont chers avec un brio remarquable. La séquence centrale sous la pluie est un morceau de bravoure cinématographique inégalé cette année.

     

     

18802307 9.  Tout est pardonné de Mia Hansen-Love (France)

    Tout est pardonné est un film fin et juste, une œuvre bercée par l’amour : celui de la cinéaste pour son travail, celui des acteurs pour leurs personnages, celui que chaque personnage porte sur les autres. Un film d’une profonde justesse.

     

1872706710. Les Témoins d'André Téchiné (France)

    Un film essentiel, tour a tour léger, terrifiant et désespérant. Une œuvre lucide, éclairante et bouleversante.

     

     

18754126 10. ex-aequo. Très bien merci d'Emmanuelle Cuau (France)

Gilbert Melki impeccable dans un film kafkaïen et cynique, mais très courageusement révélateur de la société française actuelle. Essentiel... aussi !

 

 

12. Secret Sunshine de Lee Chang Dong (Corée du sud)

13. Agua de Veronica Chen (Argentine)

14. I don't want to sleep alone de Tsaï Ming Liang (Malaisie)

15. Election 1 & 2 de Johnnie To (Hong Kong)

 

Meilleurs voeux pour 2008 !

 

"Charlie, les filles lui disent merci" de Mark Helfrich

 

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L'affiche ne vous rappelle rien ?
Réponse ici

 

Le canevas de cette histoire est le même que celui du dernier film des frères Farelly : un homme malchanceux avec les femmes voient celles avec qui il a vécu une histoire se marier... avec un autre. Et la donne change après une rencontre fortuite avec une fille superbe mais... gaffeuse à outrance (Malin Ackerman dans Les Femmes de ses rêves, Jessica Alba ici).

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Alors, non seulement Les Femmes de ses rêves est le remake d'un film de 1972 The Heartbreak Kid, mais en plus Mark Helfrish n'a visiblement pas le talent des deux frères. Autant ces derniers, quand ils sont décriés, le sont pour leur manque de finesse et la vulgarité de leur humour, autant Charlie, les femmes lui disent merci est encore à des années lumières de la délicatesse dont font preuve les Farelly dans leurs films. N'en déplaisent à certain, malgré la récurrence des blagues qui visent le dessous de la ceinture, les Farelly font des films réfléchis. Intelligent ne serait pas un adjectif tout à fait inapproprié...

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Voila pour le parallèle. On est fixé, Charlie, les filles lui disent merci a un réfèrent et ne lui arrive pas à la cheville. Les deux films se distinguent pourtant, évidemment. Ici, le canevas énoncé en préambule est exploité au maximum. Le Charlie en question (Dane Cook) est en fait la victime d'une malédiction lancée contre lui à 12 ans par une amoureuse insatisfaite et "bizarre" (car gothique). Charlie devenu adulte n'est donc pas très chanceux. Dentiste, il voit défiler les top-models qui n'espèrent pas de lui de se voir soigner leurs dents mais plutôt d'être lancées sur le chemin de la noce... L'endurance du beau dentiste va être mise à l'épreuve. Ses sentiments aussi puisque dès lors un problème se pose à lui. S'il conclu avec la belle de ses rêves (Jessica Alba donc), elle tombera fatalement amoureuse du prochain garçon rencontré et l'épousera plutôt que lui. A cet instant la malédiction pèse très lourd...

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A quoi pense le meilleur ami de Charlie
en achetant ses oranges ?

 

Etant donné la tournure de l'intrigue, on se doute que l'essentiel des gags vise l'entre-jambe. En fait, plutôt les poitrines de ces dames. Car Charlie à un coach, son meilleur ami, un chirurgien plastique pas très bellâtre et obsédé par le sexe (les poitrines surtout, d'où son métier) à un point qui défie toute rationalité. Charlie les filles lui disent merci n'est donc pas très fin... Dane Cook est bon mais ne soutient pas la comparaison avec un Ben Stiller... mais l'on rit quand même et voilà, c'est notre plaisir coupable de ce début d'année...


  

 

Benoît Thevenin

 

Charlie, les filles lui disent merci - ma note pour ce film :
Réalisé par Mark Helfrich
Avec Dane Cook, Jessica Alba, Dan Fogler, ...
Année de production : 2007


"Gone Baby Gone" de Ben Affleck

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Première réalisation de Ben Affleck, Gone baby Gone est un film surprenant, curieusement ficelé et qui nous entraîne au final sur les sentiers de deux faits d'actus majeurs de l'année 2007.

Gone Baby Gone est une adaptation d'un roman de Dennis Lehane, l'auteur de Mystic River, que mit en scène Clint Eastwood en 2003. La réalisation de Ben Affleck est simple, sans artifice, et efficace. L'acteur-cinéaste arrive à capter l'essentiel de ce qui sous-tend l'intrigue, c'est fondamental et plein de promesses pour un premier film. On retrouve l'atmosphère lugubre des quartiers populaires de Boston. Affleck ne perd d'ailleurs pas de temps, immergeant d'emblé les spectateurs dans le contexte impressionnant d'une disparition d'enfant. Deux détectives privés, Patrick Kenzie et Angela Gennaro, regardent la télévision et une grand-mère hurler devant la presse son souhait de retrouver sa petit fille Amanda saine et sauve. A partir de là, une histoire dense va peu à peu se tisser.


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La mère d'Amanda (Amy Ryan) est une toxico qui cache quelques secrets inavouables. Le policier en charge de l'enquête (Morgan Freeman) est habité par le souvenir de sa propre fille retrouvée morte des années plus tôt dans des circonstances similaires et un pédophile en liberté concentre les craintes de toute une ville. Patrick Kenzie (Casey Affleck) constate lui depuis son poste de télévision à quel point la police semble dépassée par cette affaire. Lorsque la grand-mère fait irruption dans son bureau pour solliciter son aide, Kenzie hésite. Il n'est pas sûr d'être compétent pour une aussi ténébreuse affaire. Son épouse et associée (Michelle Monaghan) est encore moins motivée à l'idée de se confronter aux aspects les plus sombres de l'humanité. Ils acceptent. Ils sont des voisins qui ont un contact plus étroit que la police avec les gens du quartiers. Ils peuvent être utile. Mais force est de constater l'incompétence relative de ce duo. Kenzie et Gennaro nagent autant que la police. L'enquête est menée sur le mode des pointillés. Les détectives spéculent plus qu'ils ne trouvent d'éléments tangibles par rapport à l'affaire. Une phrase clé résume le caractère artificiel de cette enquête. En substance, "Les séries tv ont tués notre travail. Les jurés s'attendent maintenant a avoir des analyses ADN pour confondre les coupables". On est effectivement bien loin de tout ça. Amanda sacralise l'attention de toute une ville mais une évidence s'impose. Amanda a disparu. "She's gone baby, Gone."


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La disparition d'Amanda repose donc sur des ressorts complexes. On n'est finalement pas si loin du film de Sean Penn The Pledge ou même du Zodiac de David Fincher. Pas de preuve, pas (vraiment) de piste, une enquête qui patauge, une obsession inassouvie et frustrante qui ronge chacun des personnages. Gone Baby Gone ne se conclut pourtant pas de la même manière.


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En 2007, la disparition de Maddie au Portugal défraya la chronique. Une disparition non résolue qui rappelle en de nombreux points les éléments de base du film. Une curieuse coïncidence qui a fait retarder la sortie du film de Ben Affleck en Angleterre, le pays de la petite Maddie, sous le choc de l'évènement. Gone baby Gone rejoint aussi la problématique née cette hiver avec l'association L'Arche de Noé. Gone Baby Gone est en ce sens un film d'autant plus important qu'il éclaire deux étranges affaires bien réelles et brûlantes. Gone Baby Gone est surtout un film dense, captivant et douloureux. Ben Affleck a réussit là quelque chose de brillant et ouvert le champ à une exploration peut-être utile. Les personnages de Kenzie et Gennaro, anti-héros d'une série de roman de Dennis Lehane, sont proprement fascinants. A la conclusion du film, nous n'avons qu'une envie, les revoirs tant leur histoire est riche de possibilités.



   

Benoît Thevenin  


Gone Baby Gone - ma note pour ce film :
Réalisé par Ben Affleck
Avec Casey Affleck, Michelle Monaghan, Ed Harris, ...
Année de production : 2007

Dans la famille des flingueurs, je demande...

 

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Avant l'Agent 47, d'autres tueurs ont marqués de leur empreinte le grand écran. A l'occasion de la sortie de "Hitman", le réalisateur Xavier Gens revient sur ces flingueurs de légende.

 

 


HitmanHitman : « L’agent 47 est un croisement entre les personnages issus de comics book et l’influence du cinéma coréen, du cinéma de Jean-Pierre Melville. C’est un peu la synthèse de l’influence de pleins de tueurs connus du cinéma, justement parce qu’au moment ou ils ont crées le jeu, Eidos se sont inspirés d’univers cinéma pour créer le personnage. Le Hitman se retrouve ainsi à la confluence de diverses influences : les films des années 60, l’univers littéraire de John Le Carré et un peu de cet univers des comics books pour ce qui est de la direction artistique du jeu, de tous ces petits détails qui font l’originalité du jeu. »



 

LeonLéon : « Ce personnage là est plutôt un adulte-enfant qui n’arrive pas à assumer sa position d’adulte mais qui en même temps a le même type de naïveté que le personnage de l’agent 47 dans Hitman. Il y un même rapport entre les personnages de Natalie Portman et Jean Reno dans Léon qu’entre ceux d’Olga Kurylenko et Timothy Olyphant dans Hitman. Les deux personnages, Léon et Hitman, se rapprochent d’une femme pour trouver une humanité qu’ils n’ont jamais connu. » 



 

Collateral Collateral : « L’approche de Michael Mann est ici beaucoup plus réaliste. Le personnage de Tom Cruise est présenté comme un professionnel. C’est traité sous un angle hyper réaliste. Tu te dis que ce mec peut réellement exister. Connaissant un peu le travail de Michael Mann, je pense qu’il s’est énormément documenté sur ce type de personnage pour pouvoir offrir dans ce film là le personnage le plus réaliste possible et en même temps créer une métaphore sur le monde moderne et l’individualisme. Collateral est un film sur la thématique de l’individualisme »




 

ASSASSINSAssassins : « Là on montre plus la vieille école avec un tueur qui a un code l’honneur, qui a des principes et, en face le jeune tueur… C’est plus un film sur le choc de deux générations de tueurs même si, à mon goût, ce n’est pas très bon… »

 




 

 

Pulp_FictionPulp Fiction : « C’est plus les tueurs du néo-polar, des tueurs un peu patauds, beaufs, qui font mal leur boulot mais qui en même temps ont une espèce d’assurance jouissive pour le spectateur. C’est des personnages qui se croient arrivés au top mais qui sont pour moi de fantastiques loosers. Ils en deviennent fascinant ».

 




 

Fulltime_Killer Fulltime Killer : « On se rapproche plus de l’univers de Michael Mann. On traite a nouveau de personnages hyper réalistes mais avec beaucoup plus de romantisme. Chez Johnnie To, il y a cette espèce de connotation romantique sur ces personnages qui créée tout un drame. On est plus sur l’aspect humain de ces personnages qui cherchent à se sortir de leur quotidien et à trouver de nouveaux horizons. On retrouve aussi ça dans Exilé, son dernier film ».




 

 

Ghost_Dog Ghost Dog : « Un tueur métaphysique, qui a une approche de la vie complètement différente… Connaissant un peu le travail de Jarmush, je pense qu’il a plus traité Ghost Dog comme un film sur la rue, sur la solitude, sur l’envie de vivre une vie meilleur. Le personnage de Forest Whitaker est devenu tueur pour se sortir de sa condition sociale, des codes de la rue dans lesquels il a évolué pour aller vers quelque chose de plus lumineux.C’est un film très spirituel. »




 

 

ChacalLe Chacal : « Le remake, on ne va pas en parler (rires)… Sinon, dans l’original, on a un traitement du tueur hyper réaliste, inspiré par un fait réel. On a un tueur du quotidien, super efficace dans ce qu’il doit faire, qui devient une légende urbaine. Ou comment la réalité devient légende grâce à l’actualité. »

 

 




 

KillerThe Killer : « Déjà, c’est le remake camouflé du Samouraï. On a là LE film de tueur le plus romantique, absolu. C’est sublime, parfait. Un chef d’œuvre. »

 

 




 

SamouraiLe Samouraï : « C’est le tueur original, celui qui va devenir la référence pour tous les autres réalisateurs ou acteurs. On s’en est nous aussi inspiré pour Hitman. C’est le premier film que j’ai donné à Timothy Olyphant pour qu’il s’inspire de Delon pour son personnage, de cet épure de dialogue. Je dirais que Melville à tout inventé. Il a posé les fondations même du film de tueurs. » 

 




 

 

CryingFreeman Crying Freeman : « On a la plutôt un tueur de Comics book, maudit, qui n’accepte pas du tout sa condition et qui vit dans un environnement complètement décalé. On est plus dans le manga avec l’aspect romantique du personnage, un peu comme dans The Killer mais en même temps avec cette approche fantastique qui fait qu’on à ce côté un peu solitaire, ce tueur qui cherche l’amour etc. Pour moi il y a beaucoup de similitudes avec The Killer mais il y a cet aspect fantastique qui fait la différence. »

 




 

Desperado Desperado : El Mariachi, ca marche bien, c’est original, avec cette espèce de légende urbaine mexicaine. Le deuxième (Desperado), ca marche aussi très bien avec une sorte de relecture du petit film qu’avait fait Rodriguez avant, avec ce côté beaucoup plus fort, un espèce de décalage avec l’apport de Tarantino dans le film. Il y aussi la violence exacerbée qui donne un côté comics book au film. Le troisième, c’est un film très bizarre ou d’un seul coup le personnage passe au second plan au profit du personnage de Johnny Depp qui n’est pas super intéressant. Le film est très bizarre parce qu’on ne sait pas si on a un film sur la révolution mexicaine ou si on est réellement sur un film de tueur. On en arrive a ne plus savoir quel personnage on doit suivre. La narration est très azimutée en fait. »




 

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L’Homme au colt d’or : C’est un peu old school, avec les vieux codes de l’honneur. On est à la fin des années 50 et on sent comme un passage de relais. On sent un essoufflement avec ces personnages fatigués qu’on voit alors depuis longtemps déjà. On sent le besoin d’un vent nouveau, d’un raffraîchissement. Pour moi c’est le film de la fin d’une ère. Derrière, on a Melville qui arrive avec quelque chose de complètement nouveau. »

 




 

impitoyable Eastwood : Tout ce qu’il a pu faire dans ces westerns, avec Sergio Leone etc, je trouve que c’est super intéressant. C’est des chasseurs de prime un peu solitaire, les lonesome cowboys avec toute la mythologie que Léone a apporté autour. Ensuite il y a son personnage dans Impitoyable qui est pour moi un peu le point culminant dans la carrière d’Eastwood. On voit là le regard qu’il peut porter sur ce qu’il représente lui, et sur ce qu’on représentés ces personnages dans sa vie… Finalement, le recul qu’il peut y avoir par rapport aux Inspecteurs Harry et sur ce qui se racontait par rapport au côté facho du personnage »




 

Domino

Domino : Le personnage joué par Kieira Knightley et tous les chasseurs de primes du film sont bouffés par les médias, la télé-réalité. Même si pour moi le film est bancal, il critique l’avènement de la télé-réalité dans notre univers et comment la télé-réalité passe à de tels extrêmes qu’elle se permet de montrer des chasseurs de primes en action. C’est de la pur télé-poubelle mais au cinéma, ça donne un truc assez jouissif. »

 




 

Boba_FettBoba Fett : Dans la première trilogie Star Wars, il est un personnage mythique mais dans la seconde… T'as juste envie de pleurer tellement ca devient minable. C’est catastrophique… Comment détruire le mythe crée… Je pense qu’il ne fallait pas du tout expliquer les origines, et de Boba Fett, et de la Force, et de Dark Vador etc. Pourquoi ?! On a l’impression d’être devant Highlander 2. On nous explique le pourquoi du comment alors qu’on en avait rien a faire. On se laissait porter par notre imagination et c’était beaucoup plus fort que de savoir qu’il y a des midicloriens dans ton sang qui font que tu vas avoir la Force et que tu es un Jedi… Aujourd’hui, si tu fais une prise de sang, tu sais si tu es un Jedi ou non (rires) ! c’est un peu dommage (rires).»



 

Propos recueillis par Benoît Thevenin à Paris le 26 novembre 2007

 


Autres Interviews autour d'Hitman (*)


(*) Interviews réalisées pour le site www.allocine.fr

"La Visite de la fanfare" d'Eran Kolirin

 

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« Un jour, une fanfare de la police égyptienne arriva en Israël pour un concert. Peu s’en souviennent car ce n’était pas important ».

C’est par ce curieux préambule que commence le film. La fanfare en question, victime d’un mauvais aiguillage, se retrouve perdue dans une petite ville isolée d’Israël. Les musiciens se lient à la patronne d’un café (Ronit Elkabetz) et a ses habitués. Avec beaucoup de sensibilité et d’humour, le cinéaste arrive à nous toucher avec ce joli petit film, léger et innocent mais qui procure un bien fou. Justement récompensé à Cannes, notamment par le Prix de la Jeunesse, La Visite de la fanfare mérite maintenant d’être découvert en salle.

A signaler aussi la présence de Ronit Elkabetz au casting. Star en Israël, nous la connaissons ici grâce à ces rôles dans Mariage tardif et Mon Trésor. Elle joue également dans son premiers film en tant que réalisatrice Prendre Femme. Ici encore, elle illumine l’écran par son élégance.

B.T

 


La Visite de la fanfare - ma note pour ce film :
Réalisé par Eran Kolirin
Avec Ronit Elkabetz, Sasson Gabai, Saleh Bakri, ...
Année de production : 2007

Stanley Kubrick vu par Jan Harlan

 

janharlan Producteur exécutif des films de Stanley Kubrick à partir du milieu des années 70, Jan Harlan était le principal collaborateur du cinéaste. A l'occasion de la sortie chez Warner d'un nouveau coffret regroupant certains des films de Kubrick - et à l'occasion de la reprise en salle de "Barry Lyndon" - Jan Harlan évoque pour Laterna Magica son travail avec le maître.

 

 

 "Fear and Desire"

fear & desire"C’est un film a propos d’une guerre fictive. Stanley n’aimait pas ce film et ne voulait pas le montrer. Le grand public le verra t’il un jour ? Je ne le pense pas. Seul sa femme Christiane ou ses filles peuvent décider de le montrer. Mais vous savez, Stanley ne désirait pas montrer ce film, et nous respectons ce que Stanley voulait."

 

Du "Baiser du tueur" à "Orange Mécanique"

PathsZang"Je n’ai rien a dire a propos de ces films. Pour les premiers, lorsqu’ils sont sorti, je n’étais alors qu’un enfant et j’allais à l’école. J’ai vu tous ces films, comme beaucoup de monde, mais je n’y ai pas participé et je ne suis pas compétent pour en parler. Je ne peux en parler qu’avec mon simple regard de spectateur. C’est sur "Les Sentiers de la Gloire" que je l’ai rencontré. Il a épousé ma sœur ! Mais je n’étais encore qu’un enfant. Je lui disait simplement « Bonjour », « Comment vas-tu ? ». Je n’ai évidemment pas participé au film. Je n’ai commencé à travailler avec Stanley qu’au moment de "Napoléon". 

Le projet "Napoléon"

napoleon "Stanley était un véritable expert de cette période qui va de la Révolution Française au Congrès de Vienne en 1815. Il a du lire presque tous les livres publiés en anglais sur le sujet et il aussi collectionné une quantité impressionnante d’archives à travers le monde. Il a écrit son propre scénario et il a commencé a préparer le tournage, prévu en Roumanie, parce qu’il pouvait compter là bas sur la cavalerie roumaine pour environ 15 jours, y compris les officiers etc. Mais malheureusement, le film n’a pas pu se faire."

Pourquoi "Napoléon" n'a t'il pu se faire ?

"A cause de "Waterloo", une production Dino de Laurentiis qui a été un énorme échec. "Napoléon" est arrivé à ce moment là. C’aurait été un projet très couteux. Stanley était très triste de devoir abandonner le projet. C’est a ce moment là qu’il a voulu acheter les droits de Traumnovel, la nouvelle de Schnitzler. Stanley était fasciné par cette histoire et ce n’est que trente ans plus tard qu’il en a fait "Eyes Wide Shut".

 

"Napoléon", un projet typiquement Kubrikien

"Napoléon" aurait été typiquement un film de Stanley Kubrick. Napoléon était à la fois un génie, un visionnaire et en même temps il a commis de graves erreurs. Peu ont regretté sa disparition du pouvoir sinon lui-même. Un des thèmes du film était dans tous les autres films de Stanley, comment l’humain finit par échouer dans ses plus grands projets a cause de ses émotions. Pas a cause de son intelligence, non plus a cause de sa capacité a analysé ou comprendre, mais parce qu’un moment donné, ses décisions sont prises sous l’influence de ses émotions, de sa propre vanité par exemple. Ce sujet intéressait particulièrement Stanley."

"Barry Lyndon"

18455746_w434_h578_q80 "Le film a été tourné en Irlande et en Angleterre. Stanley voulait vraiment recréer l’atmosphère de la fin du XVIIIe siècle. Il s’est beaucoup inspiré des tableaux et dessins de l’époque… On n’avait pas de photos ! (rires). Et puis bien sûr, nous avions les bâtiments construits à cette époque. On pouvait donc savoir a quoi ressemblait le XVIIIe et il voulait transférer tout cela dans le film. Il a beaucoup travaillé sur l’éclairage, principalement à la bougie. Il a eu beaucoup de difficultés à trouver la caméra etc. Mais tout le monde connaît cette histoire maintenant."

L'accueil du public pour "Barry Lyndon"

"Le film a connu un grand succès en Europe, au Brésil, au Japon mais ca n’a pas été le cas dans les pays anglo-saxons. Comment l’expliquer ? Je ne sais pas, c’est très difficile. Je suppose que cela vient des goûts différents des gens. Vous avez beaucoup de chance à Paris, c’est une ville ou le cinéma est réellement apprécié, peu importe l’âge, ou l’origine sociale des gens. Tous les pays n’ont pas cette chance. A Paris, vous pouvez aussi avoir le choix de voir les films en version originale. Si vous n’avez pas ce choix, c’est un vrai problème. Le doublage tue les films. Un film japonais doublé en français ou en Anglais, c’est une catastrophe ! C’est simplement ridicule."

"Shining"

1180628597_shining3 "Stanley voulait essayer de faire un film de genre. Il a payé les droits du livre de Stephen King mais il a complètement modifié l’histoire. Stephen King était très en colère par rapport à l’adaptation faite par Stanley. Mais ils avaient signé un contrat qui autorisait Stanley à faire les changements qu’il voulait. Si Stephen King était en colère, alors pourquoi a t’il signé ce contrat ? Stanley a toujours adapté des bouquins selon sa propre vision."

"Full Metal Jacket"

full_metal_jacket "Le film représentait un challenge très particulier, parce qu’il parle du Vietnam et que Stanley l’a recréé en Angleterre. Stanley ne voulait pas envisager de partir pour les Philippines tourner ce film, il n’en était pas question. Mais Stanley voulait faire ce film. Il était intéressé, encore une fois, par le phénomène de la guerre. Il était stupéfait de l’intérêt des gens pour ce sujet. Quand il a commencé a travaillé sur "Full Metal Jacket", on était en pleine guerre Iran-Irak et les gens étaient fasciné par ce qu’ils découvraient à la télévision."

Une guerre irréelle

"Ce que Stanley voulait retranscrire, c’était la réalité de ces jeunes gens envoyés au combat. Il a eu beaucoup de difficultés à trouver des acteurs âges de 17-18 ans et c’est pourquoi les acteurs du films ont 25 ans environ. Mais ce qui l’intéressait surtout c’était a quel point ces jeunes soldats étaient perdus. Que faisaient-ils au Vietnam ? Que font-ils aujourd’hui en Irak ? C’est la même problématique. Ils n’auraient même pas su situer ces pays sur une carte et ils se retrouvent soudain avec des armes dans les mains. Quelle horreur ! Stanley était fasciné par ça. Il y avait là quelque chose d’irréel."

full-metal-jacket-PDVD_01201 Reconstruire le Vietnam à Londres

"Il n’a pas été si difficile de reconstruire le Vietnam. Il suffisait de palmiers, de buildings en ruines et de faire parler les vietnamiens dans leur langage ! Vous avez vu le film ? Ca marche très bien, on croit parfaitement à la reconstitution !"

 

Entre "Full Metal Jacket" et "Eyes Wide Shut"

schindler "Stanley à longtemps préparé deux films, "Aryan Paper" et "A.I." Il s’y est consacré pendant de nombreuses années. "Aryan Paper" n’a pas été fait parce que Steven Spielberg a réalisé "La Liste de Schindler" et Stanley ne voulait pas faire un film sur un sujet similaire. Il s’est alors tourné vers "A.I". Il aimait profondément l’histoire écrite par Brian Aldiss, une histoire très très très sombre mais… pas si sombre que cela ! Mais un jour, en 1992, Brian Aldiss a décidé que Steven Spielberg serait un meilleur réalisateur que Stanley pour mettre en scène cette histoire. Steven avait lui d’autres plans et le film a mis longtemps avant de voir le jour. D’autant plus que Stanley s’était déjà retourné vers son projet d’adaptation de Schnitzler."

"Eyes Wide Shut"

14319485_6655f78d33 "Stanley considérait qu’"Eyes Wide Shut" serait sa plus grande contribution apportée à l’art du cinéma. Il aimait beaucoup Tom Cruise et il l’a très tôt engagé pour le film. Nicole Kidman a signé beaucoup plus tard. Contrairement a ce qui se disait, il ne tenait pas spécifiquement à engager deux acteurs en couple. Kim Basinger et Alec Baldwin ont été prévu a un moment donné et ils étaient alors en couple mais ce n’est là qu’une pure coïncidence. Stanley a vu Nicole Kidman dans le film de Gus Van Sant, "Prête à tout" et l’a trouvé particulièrement brillante, c’est là qu’il a pensé à elle pour "Eyes Wide Shut"".

Un Enfer moderne

eyeswideshut"Beaucoup de personnes ont vu "Eyes Wide Shut" comme un pseudo film érotique, voire pornographique mais ce n’est pas du tout ça ! C’est un Enfer moderne, un monde bizarre de décadence ou des hommes menaçants cachés derrières des masques payent pour être des voyeurs. C’est un mini Sodome et Gomorrhe. C’est le contraire d’un film érotique. Mais si vous éprouvez du dégoût, alors c’est très bien ! Aux Etats-Unis le film n’a pas été compris et la censure a obligé à faire ce que Stanley n’aurait jamais accepté, faire des coupures. Ils ont censurés le film au prétexte qu’il y avait trop de femmes entièrement nues. Ils n’ont donc pas compris la séquence ! Ce qui est au cœur de la scène, c’est les voyeurs, pas ces filles !" 

Harvey Keitel quitte le plateau

eyes_wide_shut "Il n’est pas parti du plateau, nous l’avons remplacé parce que Stanley n’était plus satisfait parce ce qui se passait sur le plateau. Je l’admire beaucoup mais il était capable d’arriver un jour sur le plateau et de dire que plus rien ne lui convenait, qu’il fallait faire autrement. Par exemple « Les salles de bains ne sont pas comme ça à New-York ! Oublie ça, il faut en construire une autre ». Alors nous avons fait construire une autre salle de bain, ça a pris quelques semaines. Puis la salle de billard ne lui convenait plus, et nous avons mis deux mois supplémentaires pour en reconstruire une. Nous avons essayer d’obtenir un accord avec l’agent d’Harvey Keitel pour rompre le contrat pendant la durée des travaux et qu’il revienne ensuite avec un nouveau contrat, d’autant plus qu’il ne lui restait presque plus rien a tourner. Harvey Keitel et son agent ont refusé le deal. Nous ne pouvions pas nous permettre d’accepter ça et, même si Harvey Keitel est un grand acteur, nous lui avons dit au-revoir. Sydney Pollack l’a remplacé. Il a un jeu très différent mais il est très bon lui aussi. Je ne peux pas dire que l’un est meilleur que l’autre mais avec Sydney Pollack ça donne quelque chose de différent et qui rend très bien au final. Stanley a donc du retourner certaines scènes avec Pollack à la place de Keitel. Et ça a été très facile."

 

Propos recueillis par Benoît Thevenin à Paris le 13 décembre 2007

"[Rec.]" de Jaume Balaguero : la 1ère bande-annonce

 

coleoptere,rec--de-balaguero[Rec]. fera partie de la sélection du prochain festival du cinéma fantastique de Gérardmer (du 23 au 27 janvier), c'est officiel. La présence du film de Jaume Balaguero dans les Vosges sera tout sauf une surprise. Le cinéaste y est un habitué. C'est d'ailleurs à Gérardmer qu'il s'est fait connaître en 2000 avec son impressionnante Secte sans nom, un des films les plus traumatisant de la dernière décennie.

Mais si nous pouvons vous affirmer en exclusivité la présence du film à Fantastic'Art, peut-être est-il temps aussi de vous montrer pourquoi ce film suscite notre curiosité. La première bande-annonce traine depuis de longues semaines sur le net mais qu'importe : elle nous a mis l'eau à la bouche et nous n'avons qu'une hâte, nous plonger dans l'horreur du film... A vous d'y goûter ! 

 

 

 

 

D'autres images du film :

A savoir :

  • Un remake du film est déjà en chantier aux Etats-Unis, sous le titre Quarantined. John Erick Dowle réalisera.
  • [Rec.] a déjà été présenté et (multi) récompensé lors du festival de Sitges en Espagne. La Secte sans nom (entre autres films du cinéaste) y avait déjà été montré avant d'être sélectionné à Gérardmer.

Pour en savoir plus :

Court-métrage : "Monde de gloire" de Roy Andersson

 
Il y a quelques semaines, Laterna Magica est allé à la rencontre de Roy Andersson. Créateur atypique, le cinéaste suédois a connu un parcours quelque peu chaotique. Un temps reconnu - dans les années 70 - comme l'un des réalisateurs les plus intéressants de sa génération, le cinéaste s'est tenu à l'écart des conventions cinématographiques pour développer la singularité de son style à la télévision. Roy Andersson y a gagné assez d'argent pour devenir le propriétaire de son studio à Stockholm. En 1991, Roy Andersson fait son grand retour avec Monde de gloire, un court-métrage de 15 minutes qui suscite l'enthousiasme des cinéphiles du monde entier. Après, Andersson prendra le temps de concevoir a son rythme des films forcément fascinant. Chansons du deuxième étage, son chef d'oeuvre, sort en 2000 après une présentation à Cannes. Et en ce moment, vous pouvez toujours découvrir en salle son dernier opus, Nous les vivants.
 
Pour vous familiariser un peu avec l'univers de Roy Andersson, délectez vous de ce Monde de Gloire, pierre angulaire du nouveau cinéma de Roy Andersson


 
   
Roy Andersson - Monde de gloire
 
Pour en savoir plus :
 
 


Monde de Gloire
Réalisé par Roy Andersson
Année de production : 1991

"Lumière silencieuse" de Carlos Reygadas

 
 
 
y1phJjDeaJK_74gciNTSYr16b1tukF_WGp-tfOWsqCKm0EfNiMEYvCUHgNXF1gwGeQgditEF3Yrr2U Les deux précédents films de Carlos Reygadas "Japon" et "Bataille dans le ciel" avaient tous les deux profondément divisés les festivaliers lors de leurs présentations respectives à Cannes. Il est effectivement difficile de rester insensible devant ces films tant ils sont durs et crus. Avec "Lumière silencieuse", Reygadas change complètement de registre et nous offre un film apaisé. Simple histoire d’adultère au sein d’une communauté de mennonites installés au nord du Mexique, "Lumière silencieuse" fascine et déroute à la fois. Les plans sont d’une exceptionnelle beauté et l'émotion jaillit dans un final magnifique est intensément bouleversant. Reygadas est grand.
 
B.T
 
 
 

Lumière silencieuse - ma note pour ce film :
Réalisé par Carlos Reygadas
Avec Cornelio Wall, Miriam Toews, Maria Pankratz, ...
Année de production : 2006

"Suspiria" : Rencontre avec Dario Argento

  

y1phJjDeaJK_76vmRYbntec6JV7H4WlgWbe3YJtdm7kAm0IbqYhJoWREScjGd86tnNnsoRXJEmemBs Il y a un artiste qui sommeil chez chaque enfant. Le problème c’est qu’ils l’abandonnent en grandissant. Dario Argento a grandit avec des artistes - son père était producteur de cinéma - il a grandit avec les images et très tôt admiré Edgar Poe - ce qui explique sans doute le mauvais traitement réservé aux chats dans ces films.
 
Devenu critique de cinéma, Argento a encensé des gens comme Fritz Lang – d’où la présence de Joan Bennett dans "Suspiria" - ou comme Antonioni – à l’instar  de "Blow up", beaucoup des films d’Argento commencent avec un personnage témoin d’un meurtre.  Argento est ensuite devenu scénariste ("Il était une fois dans l’ouest") avant de devenir réalisateur lui-même ("L’oiseau au plumage de cristal").
 
Argento est à la fois un classique et un moderne qui a réussi à faire la passerelle entre les deux. Il est un cinéaste moderne car il a réussi à faire de grandes expérimentations tout à fait étonnantes mais il a aussi abordé des sujets forts, des sujets lourds, douloureux, sur la mort, sur les comportements face aux mystères, sur les grands débats qu’il peut y avoir entre la raison et l’instinct. Mais si Argento est un grand cinéaste moderne, c’est aussi parce qu’à la différence d’autres qui ont été trop respectueux des codes des genres auxquels ils se sont attaqués, il a toujours su ouvrir en permanence les genres qu’il a servit, que ce soit le Giallo, le policier ou le film fantastique.

 
Rencontre avec Il Maestroy1phJjDeaJK_75wfrbZC-UHIHuH7pXuzOGw8OPVMTpYdeg4EweFsPzYKEPswbJetH6HNB7p1GcoxpY  
 
Quel accueil à reçu « Suspiria » a sa sortie ?
 
Le film est sorti partout en Italie. Les gens le trouvaient horrible. En Italie, il y a une centaine de journaux et parmi tous ces journaux, un seul avait aimé le film. J’étais très triste parce que j’aimais ce film et qu’il m’était très important. Mais six mois après, j’ai été invité à Paris pour un festival au Grand Rex. Et là, ça a été une surprise incroyable. C’était un triomphe. Ca a tout changé dans ma vie. Le film est sorti ensuite en Angleterre, aux USA, au Japon… mais c’est mon destin : je suis né en Italie mais je ne suis pas italien (rires). Je dois tout à Paris. J’y ai aussi été étudiant. J’avais 16 ans et je découvrais les films anciens à la Cinémathèque. C’était la plus belle période de ma vie
 
Comment avez-vous réussi à obtenir ces couleurs si incroyables dans "Suspiria" ?
 
 
y1phJjDeaJK_77SOw2u849WSnJXAUzrOpC8rZPzeN-GfhnjNRDDu2XYs6aAZI_aNKT7H8nnolTNDLY C’était un procédé vraiment compliqué. Mais je vais commencer depuis le début. Pour moi, ce film était comme un conte de fées, comme "Blanche-Neige", et je voulais des couleurs et des cadrages comme chez Walt Disney. C’était difficile parce que le matériel avait changé. Nous avons utilisé une vielle pellicule, très épaisse et avec laquelle on avait la possibilité d’avoir une grande profondeur de champs, et ca donne aussi des couleurs très belles. Aujourd’hui, la pellicule est très fine et ca donne des couleurs standards, bien, mais standard.…
Nous avons sorti des couleurs très vives comme le rouge, le bleu, l’or grâce à cette pellicule et à une caméra qui est aujourd’hui en Chine. Les Américains se sont débarrassés de ces vieilles machines et les ont donnés aux Chinois. Et aujourd’hui, c’est avec ce matériel que Zhang Yimou a pu faire un film comme "La Cité interdite" avec toutes ces couleurs magnifiques. Les chinois ont fait pleins de films comme ça.
 
Comment avez-vous trouvé Jessica Harper ?
 
 
y1phJjDeaJK_77zi3HgyuOv-A0saFQk_PcypL053AYc0bAOcvQt5iV4gnQESyP_zv5CmGlgO_f5Rz8 Les gens ont pensé que je l’avais choisi parce qu’elle avait joué dans le film de Brian De Palma, "Phantom of the Paradise", mais je ne l’ai pas choisis pour cette raison. Je l’avais vu dans une pièce de théâtre à Broadway. Je l’ai trouvé magnifique avec une voix merveilleuse et surtout un visage très étrange. On aurait dit une héroïne de Manga avec ces énormes yeux et cet air ingénu. Elle était magnifique. Après "Suspiria" elle a fait un téléfilm et "Stardust Memories" avec Woody Allen puis elle s’est arrêtée, très jeune. Je ne sais pas pourquoi…
 
 
Vous dirigez aussi dans ce film Joan Bennett une comédienne mythique dans l’histoire du cinéma. "Suspiria" a d’ailleurs été son dernier film…
 
Je l’ai rencontré à New York en même temps que Jessica. Elle était riche comme il est impossible de l’imaginer. Elle avait épousé un grand producteur et elle avait une maison énorme à New York, des tableaux, des Picasso par exemple. Et elle buvait beaucoup aussi (rires). Quand elle est arrivée à Rome, elle avait des problèmes de poids. On a serré ses costumes autant que possible pour que ca ne se voit pas.
Joan Bennett avait tourné avec Fritz Lang. Moi j’étais un grand admirateur de Fritz Lang et je lui demandais de me raconter des anecdotes sur lui. Elle, elle me répondait d’attendre la fin du tournage. Et en fait, elle est partie et elle ne m’a jamais rien dit (rires). C’était une femme magnifique.
Il y a dans le film une grande actrice que moi j’aile beaucoup, Alida Valli. Elle a joué avec Hitchcock. Et j’étais autant admirateur d’Hitchcock que Fritz Lang. Mais elle aussi, elle est partie et elle ne m’a rien dit (rires).
 
 
y1phJjDeaJK_76CAluT1JKgEcgjIfhaA98WvoiDHkpNxiqug91pV8KmAUd-MRCJ8EKmriSeGjRvjKs "Suspiria" est le premier film d’une trilogie que vous annonciez déjà il y a trente ans. "Inferno" est arrivé ensuite. Pouvez-vous nous parler de ce troisième film qui va bientôt conclure ce triptyque des « Trois mères » ?
 
Il s'agit de "La Mère des larmes", qui sortira au printemps, et j’aurai fini… finalement ! Je me sens un peu triste de terminer cette trilogie. C’est comme si j’étais abandonné par ma fiancée.
 
 
Propos recueillis par Benoît Thevenin à Paris, le 12 novembre 2007
 
 
 
 

Suspiria - ma note pour ce film :
Réalisé par Dario Argento
Avec Jessica Harper, Joan Bennett, Stefania Casini, ...
Année de production : 1976

"La Nuit nous appartient" de James Gray

 
 
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James Gray est un cinéaste rare mais, avec "Little Odessa" et "The Yards", nous avons tout de suite compris à quel point il pouvait être précieux. "La nuit nous appartient" est une nouvelle fois un sommet. Gray développe les thèmes qui lui son cher : la famille, la mafia, l’honneur etc. le tout chorégraphié avec une maestria rare pour une tragédie cinglante et poignante. Pour ce film, Gray réunit de nouveau Mark Wahlberg et Joaquin Phoenix, déjà interprètes principaux de "The Yards". Ici, ils sont deux frères aux trajectoires opposées. L’un (Wahlberg) fait la fierté de son père commandant de la police (Robert Duvall) et vient d’être nommé à la tête des Stups à New York. L’autre (Phoenix) dirige une boite de nuit en vogue, propriété d’un chef de clan notoire, et a pour fiancée, une fille aussi douce que sublime (Eva Mendes). Dans la lutte que la police mène face aux trafiquants de drogue, le tribut que cette famille désunie va devoir payer est exorbitant. Gray développe une intrigue très semblable à ces deux précédents films. Mais ce qu’il arrive à injecter de nouveau, transcende l’émotion qui parcoure ce film d’un bout à l’autre de l’intrigue. La mise en scène est magistrale (la séquence d’action en voiture sous la pluie restera à coup sûr comme l’une des scènes les plus marquantes de cette année). Un très grand film, puissant et populaire.
B.T
 
 
 
 

La Nuit nous appartient - ma note pour ce film :
Réalisé par James Gray
Avec Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Robert Duvall, ...
Année de production : 2006