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Tableau des étoiles de Laterna Magica, avril 2008
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L'un contre l'autre (Genenüber) de Jan BonnyPremière publication le 6 juin 2007
En façade, un couple apparemment sans histoire : elle, Anna, est institutrice. Lui, Georg, est fonctionnaire de police et s’apprête à être promu. Les tensions au sein de la famille existent. Les deux enfants, jeunes adultes, s’émancipent et ont quitté le foyer. Surtout, Anna est instable, très fragile psychologiquement. Lorsqu’elle pète les plombs, c’est Georg qui subit, sans broncher, sa violence… Georg est assez réservé, effacé même. Il est apprécié de ces collègues mais sa petite vie bien rangée suscite des jalousies. Les apparences sont donc trompeuses. Georg est battu par sa femme et ce n’est pas banal. Anna ne supporte pas le calme de son époux, et encore moins sa réussite. Elle aussi est jalouse de Georg. Il ne se passe rien dans sa petite vie tranquille. Les enfants sont partis, le couple ne fait plus l’amour, les parents d’Anna font office de banque etc. Anna se sent humiliée, elle est en quête d’attention. Dans une scène, elle tente d’expliquer que sa violence, aussi pulsionelle peut-elle être, est aussi une tentative de réveiller son époux par rapport à la monotonie de sa vie. Le cinéma allemand est en plein essor via notamment les films de « L’école de Berlin ». On nomme par-là tous ces films de jeunes cinéastes allemands révélés par la biennale de Berlin (cf. des films comme Montag, Requiem ou Ping Pong par exemple). L'un contre l'autre est assez emblématique de ce souffle nouveau qui déferle. Ces cinéastes sont assez dissemblables les uns des autres et « L’Ecole de Berlin » ne représente en rien un mouvement (théorique, esthétique, technique etc.) telle la Nouvelle Vague française. Néanmoins, tous ces jeunes cinéastes partagent un goût pour certaines thématiques dont celui, principal, de la famille et de ses dysfonctionnements. Le film de Jan Bonny s’inscrit donc dans cette thématique là. Au plus près de ces personnages, le cinéaste décrit un phénomène tabou dans les sociétés et en évitant toutes caricatures. L'un contre l'autre est un film assez éprouvant ou, à tout le moins, étouffant dont le sous-texte renvoie à un problème majeur des sociétés modernes : le renversement de valeurs, le non-respect dont sont victimes aujourd’hui les représentants de l’autorité. Pas plus tard qu’hier – 5 juin 2007 – à Metz, un juge des enfants s’est fait agressé de plusieurs coups de couteaux par une mère de famille, en pleine audience…
Benoît Thevenin
Réalisé par Jan Bonny Avec Matthias Brandt, Victoria Trauttmansdorff, Wotan Wilke Möhring, ... Année de production : 2007 Sortie française le 30 avril 2008 "Joshua" de George Ratliffpremière publication le 26 janvier 2008
En compétion, Fantastic'Arts Gérardmer 2008 Ne serait-ce que pour son casting, le film est a découvrir : Vera Farmiga (Never Forever) et Sam Rockwell (Confession d'un homme dangereux) sont les parents de Joshua, un garçon de 9 ans à l'intelligence précoce et qui paraît particulièrement sage. La venue au monde d'une petite soeur bouleverse l'ordre établit dans la maison. Le bébé passe son temps à crier ce qui pousse peu à peu la mère à un état d'épuisement et de dépression avancé. Le père turbine au travail mais celà ne l'empêche pas de sacrifier ses résultats en entreprise pour sa famille. Des évènements étranges se succèdent, il n'y a rien de rassurant dans cette maison. Joshua est en tous les cas un garçon particulièrement manipulateur, qui gagne la confiance de sa grand-mère en se tournant subitement vers Dieu, qui fait exprès de jouer des fausses notes de piano lors d'un concert scolaire pour mieux impressionner et intriguer l'auditoire. L'ambiance du film est très malsaine et celà tient peut-être au fait que Joshua à une emprise réelle sur chacune des personnes de son entourage. Il obtient ce qu'il veut, dés lors qu'il le veut. Le film de George Ratliff est une bonne surprise. B.T
Réalisé par George Ratliff Avec Sam Rockwell, Vera Farmiga, Celia Weston, ... Année de production : 2007 Sortie française le 30 avril 2008 L'actu cinéma du 30 avril
B.T Présentation détaillée du 61e festival de Cannesbillet mis à jour le 29 avril.
Une conférence de presse repoussée d'une semaine, une sélection annoncée en deux temps ... Le chemin vers Cannes 2008 s'avère donc dès plus tortueux. Faut-il voir là un indice d'une édition peut-être moins exhaltante que, par exemple, l'année dernière ? Peut-être mais peut-être pas. Thierry Frémaux l'a dit, ce festival 2008 annonce un nouveau cycle. En clair, de nouveaux cinéastes vont venir se faire une réputation sur la Croisette et nous, nous l'annonçons déjà, rien ne serait étonnant à ce que la Palme soit accordée à un "newcomer". Ci après, un état des lieux de ce que Cannes nous promet cette année. Et l'on remarquera que, bien sûr, Cannes sera encore alléchant.
Le Jury.
Autour de lui, les membres du jury sont tous des personnalités du cinéma mondial. Acteurs (Sergio Castellito, Natalie Portman, Alexandra Maria Lara, Jeanne Balibar) ou réalisateurs (Arichatpong Weerasethakul, Alfonso Cuaron, Rachid Bouchareb et Marjane Satrapi), ils ont sans doute une idée de cinéma différente de celles de certains écrivains ou intellectuels qui ont pu se retrouver lors des précédentes éditions parmi les membres du jury. Le cinéma aux gens de cinéma, le festival se replie un peu sur lui-même et nous pensons que c'est une bonne chose.
Les films en compétition officielle. 1. Ouverture
Indy 4 a longtemps été préssentit pour faire l'ouverture. L'honneur incombera en fait à Fernando Meirelles. Le cinéaste brésilien ouvrira mercredi 14 les festivités avec le très attendu Blindness. On a déjà parlé du film lors de la présentation de sa bande-annonce. Pour découvrir tout ceci, suivez le lien ! Plus surprenant, car fait assez rare à Cannes, le film d'ouverture fait partie de la compétition. Au delà de la fête, la soirée d'ouverture nous invitera donc à rentrer de plain-pied dans le festival.
2. Les américains C'est évidemment du côté des américains que se trouvent les projets les plus exitants. Pourquoi "évidemment" ? Parce que toute l'année le monde du cinéma ne parle guère que des projets hollywoodiens et de fait, certains étaient annoncés depuis longtemps...
3. Les Français Les années passent et Pialat, palmé en 87, ne trouve pas son successeur. Trois cinéastes français concourrons cette année pour cette succession. Avec La Frontière de l'aube, Philippe Garrel, cinéaste soixante-huitard s'il en est, aura enfin droit à la reconnaissance qu'il mérite (car oui, une sélection cannoise est un honneur). Le film devrait coïncider avec une certaine ambiance typiquement cannoise. La Frontière de l'aube raconte en effet l'histoire d'une star de cinéma soudainement éprise d'un photographe pendant que son mari cabotine à Hollywood. Louis Garrel, fils du cinéaste, remontera les marches un an après l'accueil tiède réservé aux Chansons d'amour de Christophe Honoré.
Annoncé quelque jours après la conférence de presse, le troisième film français en course pour la Palme est finalement Entre les murs de Laurent Cantet. François Bégaudeau, écrivain mais aussi critique cinéma (entre autres), joue là son propre rôle, celui d'un enseignant dans une classe d'un collège difficile. Le film est l'adaptation du roman de Bégaudeau lequel s'inspirait de son expérience de professeur pour un livre brut et a fleur de peau. Le livre est essentiel et d'une valeur sociologique indiscutable. Que Laurent Cautet s'y soit intéressé, lui l'auteur subtil de Ressources Humaines, L'emploi du temps et Vers le sud, est une garantie supplémentaire. Sans nul doute, on parlera beaucoup de Entre les murs, il y aura probablement débat et la présentation du film sera un des évènements de cette 61e édition. On vous en parlera forcément de notre côté.
4. Les habitués. Cette 61e sélection fait la part belle aux nouvelles signatures du cinéma mondiale mais Cannes s'est quand même autorisé à sélectionner quelques cinéastes habitués au folklore cannois. Déjà deux fois palmés, les frères Dardenne espèrerons être les premiers à faire la passe de trois avec Le Silence de Lorna. Artha Dobroshi, dernière trouvaille des cinéastes, pourraient être la révélation de cette quinzaine.
5. Les grandes figures du cinéma mondial
6. Confirmations attendues
Le grand public les connais peu mais ces cinéastes ont déjà fait parlé d'eux et notamment à Cannes. Brillante Mendoza, chef de file d'un cinéma philippin en plein renouveau, est le réalisateur de John John, actuellement à l'affiche en salle et présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2007. Il est cette fois en compétition pour la Palme avec Serbis. Egalement passé par la Quinzaine (en 2005 avec le bouleversant Be With me), Eric Khoo représentera Singapour avec My Magic. Enfin Lucrecia Martel, jeune cinéaste argentine de La Cienaga, revient elle pour la deuxième fois en compétition après avoir présenté La Nina Santa en 2004. Pablo Trapero représente lui aussi la nouvelle vague du cinéma argentin. L'auteur de l'excellent Voyage en famille (2004) découvrira Cannes avec Leonera.
7. Ceux que nous allons découvrir
Avec eux on part dans l'inconnu. Une sélection cannoise est normalement gage d'un certain talent et nous serons donc attentifs à leurs débuts dans la cour des grands. Un an après Persepolis, un nouveau brûlot politique et animé s'invite en compétion, Waltz with Bashir. Comme Marjane Satrapi (membre du jury cette année !) et Vincent Paronnaud, Ari Folman signe là son premier film. Matteo Garrone n'est lui pas le premier venu. Le cinéaste italien, acteur dans Le Caïman de Moretti, et réalisateur de Les Hôtes (1998), L'Etrange Monsieur Pepino (2001) et Premier amour (2004), n'est pas non plus le cinéaste le plus réputé de ce 61 festival. Il faudra le suivre. Un an après Bela Tarr, la Hongrie est de nouveau représentée mais à travers un film d'un cinéaste de la nouvelle génération. Kornel Mundruczo est encore méconnu et participe grâce à Cannes à son premier grand festival. Pleasant Day, sont second long-métrage, avait reçu le Léopard d'argent à Locarno en 2002.
8. Hors-Compétition
Cannes va vibrer, c'est absolument certain, par la seule apparition de l'homme au lasso. Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal sera présenté le dimanche, quelques jours avant sa sortie nationale (le 22 mai), pour le plus grand bonheur des fans impatients qui seront sur la Croisette. Les places vont être très disputées... Et si Spielberg fait son retour à Cannes, près de 25 ans après E.T, il en est un autre que l'on a pas souvent vu monter les marches du Palais des festivals (?). Woody Allen et son casting 100% glamour (Scarlett Johanson, Penelope Cruz, Javier Bardem, Rebecca Hall) feront tourner les têtes des festivaliers avec le très attendu Vicky Christina Barcelona.
Le lauréat de la Palme 2008 recevra le double honneur de recevoir son prix des mains de Robert de Niro. L'acteur à notamment bâti sa légende à Cannes grâce à Travis Buckle et Taxi Driver. Cette année, De Niro revient d'abord pour présenter en clôture le nouveau film de Barry Levinson, What's just happened ?, attendu comme une satire mordante de Hollywood. Au casting, outre De Niro, rien de moins que Sean Penn (le président du jury) ou Bruce Willis. Et un espoir, que le film soit aussi brillant que The Player d'Altman.
Le coréen Kim Jee-Woon, cinéaste virtuose de 2 soeurs et A bittersweet Life, présentera lui Le bon, la brute et le cinglé tandis que Kung-fu Panda surf sur le succès de Shrek 2 à Cannes et aura lui aussi l'honneur rare pour un film d'animation d'être présenté dans le grand théâtre Lumière du Palais. Autre curiosité très attendue : le documentaire de Kusturica sur Maradona.
Enfin Abel Ferrara, comme en 2007, aura droit à une séance spéciale avec son Chelsea Hotel. L'année dernière, son Go Go Tales avait été une sacré déception. Autre séance spéciale : Les Cendres du temps, l'extraordinaire film d'arts-martiaux réalisé par Wong Kar-Waï en 1996 et présenté ici dans une nouvelle copie ; mais aussi le nouveau film de Marco Tulio Giordana, réalisateur de la bouleversant fresque Nos Meilleurs années (2003). Revenu à Cannes avec Une fois que tu es né (2005), il montrera cette fois son dernier film Sangue Pazzo, lequel permettra à Monica Bellucci de sourire une fois encore aux photographes à l'affût de la moindre des ses poses en bas des marches.
Un certain regard Quelques films seront particulièrement surveillés dans cette section. On pense d'abord à Tokyo, film collectif réalisé par Gondry, Carax et Bong Joon-Ho, le réalisateur de The Host. De Tokyo, il sera également question avec le prolifique Kyoshi Kurosawa (Kaïro, Charisma, Cure, Loft etc.), présent cette année avec Tokyo Sonata. Thomas Clay avait provoqué le scandale en 2005 avec le tétanisant The Great Ecstasy of Robert Carmichael. Le jeune cinéaste anglais revient cette année avec Soy Cowboy. Andreas Dresen (Un Eté à Berlin) présentera lui Wolke 9 tandis que deux documentaires totalement contraires l'un à l'autre se mêlerons aux fictions. Il y a d'abord La Vie Moderne de Raymond Depardon mais aussi le film forcément coup de poing de James Toback consacré à l'extravagant boxeur Mike Tyson. Enfin Bent Hamer, réalisateur méticuleux et génial de Eggs et Kitchen Stories (mais également de Factotum avec Matt Dillon) sera l'homme à suivre avec O'Horten.
Quinzaine des réalisateurs
C'est dans cette section que se font habituellement les plus belles découvertes (l'année dernière, Control d'Anton Corbijn). Parmi tous ces cinéastes que l'on ne connait encore pas, signalons quand même ceux que l'on connait déjà très bien. Il y a d'abord les français que - pour certains - la rumeur à longtemps annoncé en compétition officielle. Bertrand Bonello (Le Pornographe) sera là avec De la guerre ; les frères Larrieu (Peindre ou faire l'amour) avec Le Voyage aux Pyrénnées ; Rabah Hameur-Zaïmeche, prix de la jeunesse 2006 avec Bled Number One, présentera le Dernier Maquis, d'après la complainte de Mandrin. Claire Simon, présente à la Quinzaine 2006 avec Ca Brûle, revient cette année avec Les Bureaux de Dieu.
Les vraies curiosités de cette Quinzaine 2008 nous viendrons probablement de Belgique. Bouli Lanners, acteur récurrent dans les films de Poelvoorde, vu aussi dans J'ai toujours rêvé d'être un gangster, reviens à la réalisation après Ultranova, comédie 100% belge et irrésistible sortie en 2005. On espère un Eldorado du même acabit. Belge également mais nettement moins drôle, Joachim Lafosse nous avait offert en 2007 Nue Propriété (avec Isabelle Huppert) un film extraordinaire d'intensité. Pour la Quinzaine, il montrera Elève libre. Le réalisateur espagnol Albert Serra, auteur du minimaliste Honor de Cavaliera d'après Cervantes, nous proposera le Chant des Oiseaux ; le très contemplatif cinéaste argentin Lisandro Alonso (Los Muertos, Fantasma) prend cette fois le bateau vers Liverpool, l'italo-albanais Francesco Munzi, auteur du remarquable Saimir en 2006, nous parlera du Reste de la nuit et le vétéran polonais Jerzy Skolimowski nous revient avec Quatre nuits avec Anna.
Semaine de la critique La plupart des cinéastes sélectionnés dans cette section nous sont inconnus. Signalons quand même le second film en tant que réalisatrice de l'actrice israélienne Ronit Elkabetz. Après un premier long-métrage très convainquant (Prendre femme), elle nous racontera cette fois Les Septs jours. Actuellement à l'affiche de nos salles via le très troublant La Zona, le mexicain Rodrigo Pla clôturera la semaine de la critique avec son nouveau film Desierto Ardentro. Entre temps, nous aurons l'occasion de voir le nouveau film du trio belge Fiona Gordon, Dominique Abel et Bruno Romy. Après l'excellent et très décalé L'Iceberg, ils danceront pour nous la Rumba. Enfin Lake Tahoe du mexicain Fernando Eimbcke, lauréat à Berlin du prix Fipresci de la critique internationale, sera proposé aux festivaliers cannois en séance spéciale.
Nous vous donnons maintenant rendez-vous pour un compte rendu quotidien de ce festival. Un festival moins riche de pointures internationale connue du grand public mais qui présente un éventail des jeunes talents du cinéma contemporain. Un vent de fraîcheur souffle donc qui nous promet de nombreuses surprises. On vous en parlera alors... soyez fidèles !
Benoît Thevenin Cannes 2008 : sélection de la 40e Quinzaine des réalisateurs
Longs métrages
Le Dernier maquis de Rabah Ameur-Zaïmeche Ce cher mois d'août de Miguel Gomes Boogie de Radu Munteanu Les Bureaux de Dieu de Claire Simon Quatres nuits avec Anna de Jerzy Skolimowski Le Chant des oiseaux d'Albert Serra Eldorado de Bouli Lanners Élève libre de Joachim Lafosse Le Reste de la nuit de Francesco Munzi Liverpool de Lisandro Alonso Monsieur Morimoto de Nicola Sornaga Nin Lang Zhi Nu de Yin Lichuan Now Showing de Raya Martin De la guerre de Bertrand Bonello Salamandra de Pablo Aguero Shultes de Bakur Kakuradze Blind Loves de Juraj Lehotsky Lonely Tune of Tehran de Saman Salour The Pleasure of Being Robbed de Josh Safdie Tony Manero de Pablo Larrain Le Voyage aux Pyrénées d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu
The Acquaintances of a Lonely John de Benny Safdie Premier programme Je vous hais petites filles de Yann Gonzalez Mes copains de Louis Garrel Ciel éteint ! de F.J Ossang Second programme Il fait beau dans la plus belle ville du monde de Valérie Donzelli Kamel s'est suicidé six fois, son père est mort de Soufiane Adel Man de Joseph Myna Le Mur de Tiao The Tale of Little Puppetboy de Johannes Nyholm Summer Afternoon de Ho Wi-Ding Every Day Is Not The Same de Martin Turk
Séance spéciale 40X15 (Les Quarante Ans de la Quinzaine des Réalisateurs) d'Olivier Jahan Le Genou d'Artemide de Jean-Marie Straub Itinéraire de Jean Bricard de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet Milestones de Robert Kramer & John Douglas
Mots clés Technorati : Festival de Cannes Cannes 2008 : Sélection semaine de la critique
Ouverture Areia de Caetano Gotardo (court-métrage) Clôture Beyond the Mexican Bay de Jean-Marc Rousseau (court-métrage) Longs métrages
L'étranger en moi d’Emily Atef
Rumba de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy
Courts métrages
Next Floor de Denis Villeneuve
The Runt d'Andreas Hykade (Révélation FIPRESCI de l'année, court-métrage)
Les Paradis Perdus de Hélier Cisterne
Young Man Falling de Martin de Thurah
Taxi Wala de Lola Frederich
Graffiti de Vano Burduli
Peces platano de Natalia Beristain
La Pomme de Newton de Vincent Vizioz avec Mathieu Boogaerts
Mots clés Technorati : Festival de Cannes Sélection officielle, 61e festival de Cannesbillet mis à jour le 29 avril puis le 5 mai
Du 14 au 25 mai, rendez-vous sur Laterna Magica pour suivre le 61 festival de Cannes. Pour la troisième année consécutive, nous serons présent sur la Croisette et nous tenterons de faire au mieux (et mieux que les autres années) pour vous faire partager nos impressions sur le festival et les films qui y seront présentés. Voici justement le line-up avec la sélection des films pour la Compétition officielle et pour la sélection Un Certain Regard. Nous vous donnons rendez-vous aussi pour une présentation détaillée, bientôt, de cette sélection. A noter que, concernant la compétition officielle, 19 films dont 2 français sont sélectionnés. Un 3e film français viendra, dans les prochains jours, porter à 20 le nombre de prétendant à la Palme d'Or. A très bientôt !
Sean Penn (président), Sergio Castellito, Natalie Portman, Alexandra Maria Lara, Alfonso Cuaron, Arichatpong Weerasethakul, Rachid Bouchareb, Marjane Satrapi, Jeanne Balibar
Hou Hsiao Hsien (président), Suzanne Bier, Marina Hands, Olivier Assayas, Larry Kardish
Fatih Akin (Président) Il sera entouré pour remettre le Prix Un Certain Regard de la journaliste indienne Anupama Chopra (New Delhi Television), de la journaliste russe Catherine Mtsitouridze (1ère chaîne nationale russe), du critique Egyptien Yasser Moheb (Al Ahram Hebdo) et de José Maria Prado, Directeur de la Filmoteca Española.
Bruno Dumont (président)
Les 3 singes de Nuri Bige Ceylan Le Silence de Lorna de Luc et Jean-Pierre Dardenne Un Conte de Noël d'Arnaud Desplechin L'Echange (aka The Changeling) de Clint Eastwood Adoration d'Aton Egoyan Waltz with Bashir d'Ari Folman La Frontière de l'Aube de Philippe Garrel Gommora de Matteo Garrone 24 City de Jia Zhang Ke Syncecdoche New York de Charlie Kaufman My Magic d'Eric Khoo La Femme sans tête de Lucrecia Martel Serbis de Brillante Mendoza Delta de Kornel Mundruczo Linha de passe de Walter Salles et Daniela Thomas Che de Steven Soderbergh Il Divo de Paolo Sorrentino Leonera de Pablo Traprero The Palermo Shooting de Wim Wenders Blindness de Fernado Meirelles (film d'ouverture) Entre les murs de Laurent Cantet
Tokyo de Bong Joon Ho, Leos Carax et Michel Gondry Afterschool d'Antonio Campos Parking de Chung Mong Hong Soi Cowboy de Thomas Clay La Vie moderne de Raymond Depardon Wolke 9 d'Andreas Dresen Tulpan de Sergey Dvortsevoy Los Bastardos d'Amat Escalante Je veux voir de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige O'Horten de Bent Hamer Le Sel de la mer d'Annemarie Jacir Tokyo Sonata de Kyoshi Kurosawa Yi Ban Haishui, Yi Ban Huoyan de Fendou Liu La Fête de la jeune fille morte de Matheus Nachtergaele De Ofrivilliga de Ruben Östlund Wendy and Lucy de Kelly Reichardt Johnny Mad Dog de Jean-Stéphane Sauvaire Versailles de Pierre Schoeller Tyson de James Toback
Vicky Christina Barcelona de Woody Allen Le bon, la brute, le cinglé de Kim Jee-Woon Kung-fu Panda de Mark Osborne et John Stevenson Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal de Steven Spielberg What's just happened ? de Barry Levinson (film de clôture)
Maradona d'Emir Kusturica Surveillance de Jennifer Lynch The Chaser de Hong-Jin Na
Of Time and city de Terence Davies Chelsea Hotel d'Abel Ferrara Sanguepazzo de Marco Tulio Giordana C'est dur d'être aimé par des cons de Daniel Leconte Les Cendres du temps (Redux) de Wong Kar-Waï Roman Polanski : Wanted and Desired de Marina Zenovich
The Third Wave d'Alison Thompson Mots clés Technorati : Festival de Cannes L'actu ciné du 21 avril
B.T
"REC." de Jaume Balaguero & Paco PlazaPremière publication le 26 janvier 2008
En Compétition, Fantastic'arts Gérardmer 2008 Une journaliste télé et son caméraman suivent une équipe de pompiers pour une émission intitulée "Pendant que vous dormez". La nuit s'annonce banale jusqu'au coup de téléphone d'une vieille dame réclamant du secours. L'équipe télé suit les pompiers dans leur intervention, mais ce qui les attend dépasse toute ce qu'ils auraient pu imaginer. Nous avons déjà beaucoup parlé ici des documenteurs (lire l'article), ces films qui prétendent relater des évènements réels avec les moyens du documentaire mais qui ne sont en fait que de pures fictions. Rec fait partie de cette nouvelle vague de documenteurs, une véritable tendance qui aura marqué la quinzième édition du festival de Gérardmer, lequel proposait au public, outre Rec, Cloverfield et Diary of the dead. Tous ces films partagent un même concept, une mise en scène concentrée sur le seul point de vue d'une caméra portée par l'un des personnage. En claire, le principe des FPS est emprunté a certains jeux vidéos par le cinéma.
Rec est sans doute le plus efficace des films que nous avons cités et auxquels nous relions sans hésiter Le Projet Blair Witch. On remarquera que chacun de ces film utilise le principe du point de vue caméra subjective a des seuls fins de frissons et d'angoisse. Il est évident que cette immersion aux confins de l'horreur, ou de la catastrophe (pour le cas Cloverfield), est vectrice d'une identification naturelle avec les personnages in situ et donc à une peur mécaniquement ressentie. Au contraire de Diary of the dead (lire notre critique) Rec va jusqu'au bout de son idée, ne s'écartant jamais de son principe initial. Le cinéma ne transpire donc qu'en de rares occasions. Le film est en son direct et rien n'a été ajouter pour intensifier de manière artificielle un film déjà sous haute tension.
Mais tout celà est une idée de cinéma en soi, une idée de mise en scène. La mise en scène de Rec est tout simplement impressionnante avec des mécanismes de la peur parfaitement huilés et une immersion dans cette fausse réalité facilitée par des moyens aussi simples que fondamentaux. Nous en avons un exemple lorsque le caméraman pose sa caméra pour aller secourir une personne. L'obession de filmer et d'apporter un témoignage sur ce qui se passe n'entrave pas l'urgence humanitaire qui est censée prendre le dessus en toutes circonstances.
Benoît Thevenin REC - Note pour ce film :
Réalisé par Paco Plaza, Jaume Balaguero
Avec Manuela Velasco Année de production : 2007 Sortie française le 23 avril 2008 La Influencia de Pedro AguileraPremière publication le 30 mai 2007
Le film de Pedro Aguilera tente de dessiner le portrait d’une mère célibataire (Paloma Morales) accablée par les problèmes quotidiens. Mutique, le personnage de la mère est trop antipathique pour que l’on soit sensible à ses malheurs. Commerçante, elle passe ses journées à espérer un client. Quand celui-ci pointe le nez, pas un bonjour, pas un sourire. On comprend aisément pourquoi son commerce est ainsi déserté. Les conséquences sont extrêmement fâcheuses : des revenus plus que modestes qui ne lui permettent pas de régler le loyer de sa boutique (elle en sera vite chassée), ni la scolarité de ses enfants (en école privée). Les enfants, 15 ans et 5 ans environ, manifestent leurs insouciances par une vitalité qui tranche avec l’attitude affligée de la mère. Celle-ci sombre ensuite dans la maladie, reste clouée au lit et laisse ses enfants livrés à eux-mêmes. Dans cette partie, le parallèle est vite établit avec des films comme Nobody Knows de Kore-Eda ou Demi-tarif d’Isild le Besco. La différence est ténue. Si la mère est ici physiquement présente, elle est en fait autant fantomatique que les mères dans les deux films précités. La Influencia est un film assez insupportable, s’égarant très rapidement dans une litanie du vide. La mère déambule entre son foyer et son magasin. Elle ne sourit jamais, excepté en une occasion qu’elle saisit pour se libérer temporairement de son malheur. Par le sexe bien sûr, le film ne va pas très loin dans son propos. D’ailleurs c’est un peu tout le problème, on a du mal à deviner les intentions du cinéaste, ce qu’il a voulu dire. Le drame inéluctable arrive dans une fin qui rattrape un tout petit peu la vacuité pesante et sidérale de toute cette histoire. Les enfants deviennent adultes. Ils foncent dans un mur mais, sains et sauf, peuvent maintenant envisager de vivre.
Benoît Thevenin
TRIVIA : Premier film pour Pedro Aguilera, ancien assistant de Carlos Reygadas.
La Influencia - Note pour ce film : 0 Réalisé par Pedro Aguilera Avec Paloma Morales, Jimena Jiménez, Romeo Manzanedo Année de production : 2007 Sortie française le 23 avril 2008 Yumurta de Semih KaplanoğluPremière publication le 30 mai 2007
A partir d’un sujet ultra galvaudé, Semih Kaplanoğlu arrive malgré tout à nous toucher. Son film est fait de silence, de jeux de regards. La mise en scène, discrète et élégante, et la justesse du jeu des acteurs (le sourire de Saadet Işıl Aksoy illumine l’écran) compense un scénario que tout le monde connaît par cœur. Le deuil du poète traduit le délitement de son existence, laquelle respire d’un second souffle grâce à la rencontre et la relation qui se noue. Un joli petit film dans les décors sublime de la campagne turque. Les plans ne sont pas aussi chiadés que chez Ceylan mais ça reste magnifique.
B.T
Réalisé par Semih Kaplanoðlu
Avec Nejat Isler, Saadet Isil Aksoy, Ufuk Bayraktar Année de production : 2007 Sortie française le 23 avril 2008 "Funny Games U.S." de Michael Hanekepremière publication le 13 mars 2008
En 1997, Michael Haneke divise et choque profondément les festivaliers cannois où son Funny Games est présenté en compétition. Le cinéaste autrichien, déjà réputé pour la méticulosité de son style et sa réflexion sans concession à propos de la violence, avait précédemment réalisé Le Septième continent (1989), 71 Fragments d'une chronologie du hasard (1994) et Benny's video (1992). Funny Games représentait en quelque sorte l'aboutissement de ce travail de fond sur la représentation de la violence par les médias. Haneke reste fidèle à son thème de prédilection, comme le prouve peut-être Caché et ce remake de Funny Games. Lorsqu'il réalise le premier Funny Games, Haneke vise d'abord le public américain. Le film est une sorte de réaction à un certain cinéma américain, violent et complaisant dans cette violence qu'il montre ou suggère. Mais Funny Games - réalisé en autriche avec des acteurs allemands et autrichiens ; tourné justement en langue allemande - n'atteint et ne touche donc pas le public pris pour cible. Haneke a ainsi accepté de réaliser lui même le remake de son film mais ce remake est-il légitime ?
Jour après jour nous le constatons, Hollywood passe son temps à remaker les films importants du passé voir du présent. Cette obsession est nourrie par le public lui même. C'est un fait, le très grand public se tourne généralement très peu vers autre chose que le cinéma strictement contemporain. Les films réalisés vingt ans auparavant ou plus ne sont plus vus. Le cinéma étant souvent considéré comme un divertissement plutôt qu'un art, le grand public n'est pas forcément enclin a faire des efforts pour voir un film, par exemple subir des sous-titres. C'est particulièrement vrai pour le grand public américain. Hollywood, dans sa logique industrielle du divertissement de masse a intégré ces données. Les studios puisent ainsi régulièrement dans les catalogues pour dénicher quelques valeurs sûres réadaptables aujourd'hui. C'est malheureux à dire, mais même les films d'Hitchcock, longtemps intouchables, sont de moins en moins vus et de plus en plus sujet à des remakes...
Funny Games n'a que dix ans mais, parce qu'il s'agit d'un film exigeant tourné en langue allemande, le film n'a donc pas atteint le public à qui il s'adressait. Le remake est légitime dès lors qu'Haneke retourne son film en anglais, avec des acteurs connus et reconnus, se donnant les moyens de toucher directement et enfin le public pris pour cible. La démarche d'Haneke est même d'autant plus noble, sincère et efficace que le réalisateur a retourné son film à l'identique. Funny Games U.S est comme une photocopie couleur à large diffusion d'un document resté jusqu'à aujourd'hui confidentiel. Pour ceux qui ont déjà vu le film original, qui s'en souviennent surtout, voir Funny Games US n'a pas grand intérêt. Haneke a réellement refait le même film que dix ans auparavant, avec les mêmes plans, le même découpage, la même bande-son et des décors en tout points similaires. Seuls les acteurs changent. Haneke a juste inséré dans son récit et dans sa mise en scène quelques infimes variations et, pour ceux qui connaissent déjà Funny Games, le seul vrai jeu et d'essayer de déceler ces infimes variations. L'intérêt est donc - on l'a déjà dit - limité.
Mais la démarche est infiniment plus honnête que pour n'importe quel autre remake habituel. Les mauvaises langues diront qu'Haneke ne s'est pas foulé avec ce film, mais l'on peut aussi dire que le cinéaste a fait l'effort de conserver intacte la richesse et la force de son film original afin d'offrir au public le film qu'ils auraient du voir dix ans auparavant. Mais cette démarche a quand même ces limites. Puisque nous connaissons bien le film original, difficile pour nous de ne pas comparer point par point chacun des deux films. Notre attention se rapporte inévitablement sur les acteurs. Naomi Watts, Tim Roth, Michael Pitt et Brady Corbet sont parfait, il n'y a rien a redire. Juste, la relation entre les personnages nous apparaît quand même ici moins naturelle, plus fabriquée. La sensation est un peu la même que pour un spectateur de théâtre lorsqu'il connaît une pièce qu'il revoit souvent, jusqu'au jour ou les acteurs changent. La pièce est la même. Pour les nouveaux spectateurs dans la salle, elle aura un impact similaire à celui subit par les spectateurs de la veille, mais cette différence fondamentale est fatalement gênante pour le spectateur qui justement était là la veille. Dans le cas de Funny Games, l'impact est quelques peu atténué aussi parce que, en plus, nous connaissons bien ces nouveaux acteurs alors même que dans le premier film, tous nous était parfaitement inconnus. Pour ce film si subtil sur le plan psychologique, ce détail n'a rien d'anodin. Funny Games US est donc un film dont on peut aisément se dispenser de voir si l'on connaît bien l'original. Mais ce film était si important, si intense que, si on ne l'a pas vu, il est essentiel d'en découvrir la copie. Pour les autres, vous ne pourrez que noter quand même ces variations infimes qu'Haneke opère. Une est même très importante et change au final la structure du récit. Ce changement intervient à un moment charnière du film et provoque très habilement une modification de la structure dramatique du film. Ca reste anecdotique et ne modifie en rien le sens, l'impact et la valeur du film. Cela prouve juste a quel point Haneke est malin. Funny Games US reste un thriller psychologique cynique, intense, profondément dérangeant. "Ce sera froid, précis, implacable et ça ne finira pas bien. Vous voulez essayer ?".
Funny Games U.S. - Note pour ce film : Réalisé par Michael Haneke Avec Naomi Watts, Tim Roth, Michael Pitt, ... Année de production : 2007 Sortie française le 23 avril 2008 Disco de Fabien Ontoniente
B.T
Disco - Note pour ce film :
Réalisé par Fabien Onteniente
Avec Franck Dubosc, Emmanuelle Béart, Gérard Depardieu, ... Année de production : 2006 Sortie française le 2 avril 2008 Mots clés Technorati : Disco,Fabien Ontoniente,Franck Dubosc,Emmanuelle Béart,Gérard Depardieu,Samuel le Bihan,Annie Cordy Un Roman policier de Stéphanie Duvivier
A l'instar de films comme Police de Pialat ou Le Petit Lieutenant de Beauvois, Un Roman Policier suit de l'intérieur le quotidien d'une brigade. Le commissariat de Stéphanie Duvivier (la réalisatrice) est situé en banlieue marseillaise.
Stéphanie Duvivier réalise là son premier long-métrage mais retrouve un duo d'acteurs (Marie-Laure Descoureaux et Abdelhafid Métalsi) peu connus mais qu'elle avait déjà dirigé en 2003 à l'occasion de son court-métrage L'Hymne à la gazelle (nommé aux César en 2005). Passé une entame prometteuse et prenante, l'intrigue s'embarque sur une voie intime qui coïncide maladroitement avec le contexte policier de cette histoire. La démarche paraît mal assurée, hésitante et le film manque d'un certain souffle, de rythme même. Reste un regard intéressant sur les arrières salles de police. On ne peut certainement pas reprocher à ce film une quelconque démagogie.
Un Roman policier n'a assurément pas la qualité des films cités en préambule mais il permet au moins une belle découverte avec Abdelhafid Métalsi, assez fascinant dans son rôle de flic marginal. On signalera aussi la caution apportée par Olivier Marchal, ancien policier et réalisateur de 36 quai des Orfèvres et MR73, lequel joue ici le rôle d'un flic de la brigade des stups.
B.T Mots clés Technorati : Un Roman Policier,Stéphanie Duvivier,Marie-Laure Descoureaux,Abdelhafid Métalsi,Olivier Marchal Un Roman policier - Note pour ce film : L'actu cinéma du 16 avril
Mots clés Technorati : Johnnie To,Orlando Bloom,Chow Yun Fat,Liam Neeson,Jean-Pierre Melville,Mamoru Oshii,Gilles Lellouche,Richard Gere L'actu cinéma du 15 avril
Bande-annonce de "Recount" avec Kevin Spacey. Découvrez les premières images de Recount. Produit par la chaîne HBO, le film - sans doute promis à la télévision plutôt qu'aux salles - reviendra sur les élections présidentielles américaines de 2000. George W. Bush avait alors été élu après un recomptage très contesté des bulletins en Floride. Réalisé par Jay Roach (Austin Powers, Mon Beau-père et moi), Recount réunit un casting prestigieux : Laura Dern, John Hurt, Dennis Leary, Tom Wlkinson
Ploy (พลอย) de Pen-ek RatanaruangPremière publication le 28 mai 2007
Dans le hall d’un hôtel, un homme d’une quarantaine d’année rencontre une jeune fille de 19 ans. Elle attend, pour quelques heures encore, sa mère. Pour combler l’attente, l’homme lui propose de venir se reposer dans sa chambre d’hôtel. Aucune intention malveillante dans cette proposition. L’épouse, jalouse, n’est pas très réceptive à cette intrusion. Méditation foireuse sur le couple, sur le désir. Un film beau, certes, mais toc.
B.T
Réalisé par Pen-ek Ratanaruang
Avec Lalita Panyopas, Pornwut Sarasin, Apinya Sakuljaroensuk, ... Année de production : 2007 Sortie française le 16 avril 2008 Mots clés Technorati : Ploy,Pen-ek Ratanaruang "Bienvenue chez les Ch'tis" de Dany Boonpremière publication le 27 février 2008
C'est un véritable phénomène de société. Bienvenue chez les Ch'tis pulvérise un à un tous les records du box office national. Même l'aviron du Titanic semble à portée de recettes et déjà, on se dit que même le monumental Indiana Jones n'arrivera jamais dans sa quatrième aventure à détrôner cette année le film de Dany Boon. Faut-il forcément s'en réjouir ? En fait non. On ne souhaite pas vraiment jouer la carte des rabats joie de service mais voila, Bienvenue chez les Ch'tis fait aussi du mal à ceux qui aiment le cinéma. Dany Boon est excusé, son film fait du bien à la France entière et c'est quand même ça qui importe le plus. Le ton se cette critique sera néanmoins volontairement polémique et le débat sera lancé...
Bienvenue chez les Ch'tis est éminemment sincère et jovial. On ne peut rien nier du caractère sympathique du film, de la bonne humeur qu'il suscite, du côté humain vers lequel il bascule. Le film contrebalance admirablement avec le récent Paris de Klapisch. Le caractère franchouillard, libre et naïf du long-métrage de Dany Boon s'oppose à la tonalité beaucoup plus sérieuse et mélancolique du film de Klapisch. Une capitale sinitre face à une campagne plus sereine ? Le raccourcis est peu évident, facile a démonter probablement, mais il y a quelque chose de cet ordre là. Paris est sans doute une ville trop sérieuse.
Dans Bienvenue chez les Ch'tis, on rit de bon coeur, dans trois séquences en particulier (le caméo instantanément culte de Galabru, le "les meubles, c'était les ch'iens" et le "j'appelle et je vous dit quoi"), même si les occasions de rire et de sourire sont nombreuses par ailleurs. Dany Boon s'amuse des clichés qui collent à l'image du Nord, et visiblement ça marche. Line Renaud, les petits rôles de Patrick Bosso et Stéphane Freiss sont assez savoureux, et le duo Kad Merad/Danny Boon fonctionne plutôt bien.
Voilà, avec tout ça, tout est dit. On comprend que le film séduise. Bienvenue chez les Ch'tis est un film modeste, gentil, proche des gens et qui ne prend en otage aucune catégorie de la population. Le succès du film se mesure probablement à toutes ces qualités là. Mais prenons aussi le contre-point forcément très peu populaire qui incite à trouver aussi ce film consternant. Point de vue radical mais qui mérite d'être exposé. Bienvenue chez les Ch'tis s'inscrit dans une tradition très française du cinéma comique depuis Gérard Oury. En clair, il n'y a dans ce film aucune ambition cinématographique, une authentique médiocrité technique, qui sont le cauchemard du cinéma français depuis 30 ou 40 ans. Le cinéma français recycle avec ce film ses stéréotypes de la comédie franchouillarde. C'est noble, le public peut être ravi de bénéficier de ça, il n'est jamais mauvais de rire et les gens n'attendent d'ailleurs rien d'autre d'une comédie qu'elle les fasse rire. Mais ce qui déçoit c'est donc cette absence totale d'envie de faire du cinéma, d'utiliser les moyens du cinéma.
Depuis Louis de Funès ou Bourvil, le cinéma français, et le cinéma comique français en particulier, a abandonné toute idée de produire de la mise en scène. Le cinéma ce n'est pas que du dialogue, c'est aussi de l'image. Chez Oury comme chez Dany Boon aujourd'hui, l'image ne vaut pas le grand écran, l'image est aussi peu inspirée que les pires téléfilms de TF1. Bienvenue chez les ch'tis ratisse large car il est humble, consensuel et efficace au niveau de l'hilarité. Ce qui est alors désespérant, c'est qu'aucune voix, ou si peu, ne s'élève pour exiger des réalisateurs qu'ils ne se contentent pas de nous faire rire, mais qu'ils prennent à bras le corps l'idée même de réaliser un film. Les américains l'ont toujours fait via quelques unes de leurs plus grandes signatures. Le cinéma français se refuse à ça. Le public est alors conditionné par ces principes sans doute inconscients.
Bienvenue chez les Ch'tis est en train de marquer l'histoire du cinéma français et donc de devenir un modèle pour l'avenir. A court terme, on nous recyclera en beaucoup moins bien des films beaucoup moins sincères fonctionnant sur un principe comique similaire. A moyen terme, une suite est fatalement envisageable mais qui a toutes les chances de ne pas surprendre autant. A long terme, on continuera encore et toujours à produire des films sans aucune ambition de cinéma mais qui auront la prétention de vouloir faire rire, faisant perdurer un système vicieux ou l'idée de cinéma est quasi morte-née. Alors certes, Bienvenue chez les chtis est un film agréable, qui procure du bien aux gens, et on ne peut que le louer pour ça. Le reste, tout le monde ou presque s'en moque. C'est tout le problème. Bienvenue chez les ch'tis est du côté du public et pas du cinéma. Mais nous ici qui sommes du côté du cinéma, qui admirons d'abord l'audace et le courage de certains cinéastes, qui adorons adorer des films qui plaisent à tous les publics, nous ne pouvons pas nous empêcher d'être du côté du cinéma. Bienvenue chez les ch'tis ne s'invite pas dans notre cour et étant donné l'ampleur du succès du film, nous trouvons ça vraiment dommage.
Benoît Thevenin Semaine 0 (du 20/02 au 26/02/2008) : 0 555 392 spectateurs (*) Semaine 1 (du 27/02 au 04/03/2008) : 4 378 720 spectateurs (05 014 229 cumulés) Semaine 2 (du 05/03 au 11/03/2008) : 3 940 634 spectateurs (08 954 863 cumulés) Semaine 3 (du 12/03 au 18/03/2008) : 3 637 899 spectateurs (12 592 762 cumulés) Semaine 4 (du 19/03 au 25/03/2008) : 2 720 713 spectateurs (15 313 475 cumulés) Semaine 5 (du 26/03 au 01/04/2008) : 1 386 646 spectateurs (16 700 121 cumulés) Semaine 6 (du 02/04 au 08/04/2008) : 945 011 spectateurs (17 645 132 cumulés) Semaine 7 (du 09/04 au 15/04/2008) : 921 791 spectateurs (18 566 923 cumulés) Semaine 8 (du 16/04 au 22/04/2008) : 685 392 spectateurs (19 252 315 cumulés) Semaine 9 (du 23/04 au 29/04/2008) : 307 528 spectateurs (19 559 843 cumulés) Semaine 10 (du 30/04 au 06/05/2008) : 186 616 spectateurs (19 746 459 cumulés) Semaine 11 (du 07/05 au 13/05/2008) : 156 427 spectateurs (19 902 886 cumulés) Semaine 12 (du 14/05 au 20/05/2008) : 102 321 spectateurs (20 005207 cumulés) Semaine 13 (du 21/05 au 27/05/2008) : 071 929 spectateurs (20 077 136 cumulés) Semaine 14 (du 28/05 au 03/06/2008) : 066 143 spectateurs (20 143 279 cumulés) Semaine 15 (du 04/06 au 10/06/2008) : 038 145 spectateurs (20 181 424 cumulés) Semaine 16 (du 11/06 au 17/06/2008) : 025 641 spectateurs (20 207 065 cumulés) Semaine 17 (du 18/06 au 24/06/2008) : 015 748 spectateurs (20 222 813 cumulés) Semaine 18 (du 25/06 au 01/07/2008) : 038 162 spectateurs (20 260 975 cumulés) (*) : Le film est sorti dans le Nord une semaine avant sa sortie nationale. La semaine 0 présente les chiffres d'exploitation du film lors de cette exclusivité pour les spectateurs du Nord.
Bienvenue chez les Ch'tis - Note pour ce film : L'actu ciné du 14 avril
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