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American Psycho de Bret Easton Ellis
Parenthèse littéraire puisque les circonstances m’amènent à réveiller mon intérêt pour « American Psycho », œuvre majeure de la littérature contemporaine, plus souvent connue pour les polémiques engendrées..
« ABANDONNE TOUT ESPOIR, TOI QUI PENETRE ICI peut-on lire, barbouillé en lettres de sang au flanc de la Chemical Bank (…) et sur ce panneau, en lettres assorties à la couleur des tentures, est écrit SANS ISSUE »
Ces quelques lignes issues du roman sont en fait les trois premières, liées ici aux trois dernières… Rien n’est révélé, vous vous doutez bien qu’ici on ne se le permettrait pas, mais on est frappé d’emblé par la noirceur profonde que laisse supposer ces mots. Introduction et conclusion se répondent dans une tonalité qui n’annonce rien de positif.
L’humanité chez Bret Easton Ellis est disséquée au sens propre selon un processus qui renvoie le lecteur à ses propres cauchemars. Ellis ne n’intéresse pas à la pauvreté du monde, au exclus de la société. C’est tout le contraire mais au final, l’analyse est des plus pertinente. Ellis dessine le portrait des nantis de ce monde : la jeunesse dorée californienne dans Moins que zéro, les fils à papa des grandes universités dans Les lois de l’attraction, les stars de la mode et du cinéma dans Glamorama, et bien sûr les golden-boys du Wall Street des 80’s dans American Psycho. Ellis renvoie ainsi ses lecteurs aux rêves qui les illuminent mais décrit ces milieux avec une telle virulence, avec une telle violence psychologique et physique que plus aucun espoir ne subsiste au final. Ou presque. La cible favorite de l’auteur, la société de consommation dont nous sommes tous les acteurs, peu importe nos convictions éthiques et politiques, peu importe notre place dans la société.
le père de vos cauchemars
American Psycho est peut-être le livre le plus connu de Bret Easton Ellis, le plus emblématique aussi. C’est avec ce livre qu’Ellis a atteint la pleine maturité de son entreprise littéraire, qu’il s’est affirmé définitivement comme un auteur important. Son style, souvent résumé à sa brillante utilisation du brand-name, a été maintes fois copié sans jamais, sans doute, être autant légitime qu’ici. A la découverte d’un American Psycho, on en arrive facilement à être déboussolé, voire agacé mais, une fois l’écueil accepté, il n’y a plus qu’a se préparer à la vertigineuse descente aux enfers à laquelle Ellis nous conduit tout droit.
Ellis nous décrit des scènes d’une violence absolument inimaginable et c’est en cela qu’il a choqué nombre de personnes. Clairement, le livre n’est pas à mettre en toutes les mains. Patrick Bateman est un tueur sadique, sans âme, ultra-violent, misogyne, homophobe et qui se plait aussi à nettoyer les rues de New York de ses clochards… Pourtant, il ne faut pas s’y tromper, la violence qui est véhiculée par Patrick Bateman n’est que la personnification de la violence qu’engendre la société elle-même. Ellis évoque l’avilissement de l’Homme, la dictature de la mode, des apparences et de la pensée unique, le règne des faux-semblants, la mutation d’une société gloutonne qui avale les plus faibles et les broie.
American Psycho est un livre-somme et absolument essentiel, une sorte de roman-social moderne, qui au final n’est que la brillante introduction à Glamorama. Là, Ellis enfonce le clou et il n’y va pas (non plus) de main morte. Bret Easton Ellis donne l’image de quelqu’un de fou mais il est l’auteur le plus sensé de sa génération. Et quand on lit Lunar Park, son dernier roman en date, sorte d’autofiction cauchemardesque, on ne doute plus de sa lucidité hors du commun.
Roman écrit par Bret Easton Ellis Edition de poche dans la collection Points Année de publication : 1991 Rentrée LittéraireCoup de projecteur sur cinq livres dont on parle, ou dont on va bientôt beaucoup en entendre parler. En tous les cas, chacun de ces livres me fait vraiment saliver - Tout d'abord le nouveau Houellebecq, La possibilité d'une île. Bien que je n'ai toujours pas lu Platform, je suis un inconditionnel de Houellebecq. - Ensuite... Et depuis le temps que l'ont me conseille de lire un de ses romans, j'ai enfin trouvé le titre d'Amélie Nothomb qui me donne envie de plonger dans son univers : Acide Sulfurique donc... - J'ai déjà commencé la lecture en Anglais... je me voyais pas attendre juqu'octobre. Toujours est-il que les aventures de Harry Potter, ici face au Prince du sang-mêlé me rendent toujours aussi enthousiaste qu'au premier jour. - Il va d'abord falloir que je lise enfn Les âmes grises que j'ai achété grosso modo à sa sortie et que j'ai toujours pas ouvert. Et je vais vraiment le lire vite car le film vient de sortir en salle. De Claudel, j'avais lu J'abandonne et j'avais été assez agréablement supris. Depuis il a gagné le Renaudot et là, La petite fille de Monsieur Linh sort en librairie et m'intrigue... - Enfin... Le meilleur pour terminer. Du moins, l'auteur contemporain le plus brillant et le plus fascinant qu'il m'est été donné de lire, envahira nos librairies le 20 octobre avec son nouvel opus Lunar Park. Je doutais qu'il puisse faire mieux qu' American Psycho mais il a réussi à nous pondre ce monument que représente Glamorama - sans doute le roman le plus bluffant (à tous points de vues) que j'ai pu lire. Alors... Je ne sais pas trop à quoi il faut s'attendre cette fois. Paraît-il qu'il s'agit d'un tournant par rapport à ce qu'Ellis à pu écrire jusqu'ici. Peu importe, je n'attend rien de spécial, je suis juste impatient et serai à l'heure au rendez-vous. Voilà, cinq livres, en plus de tous ceux qui m'attendent déja sur le coin du bureau, c'est déja pas mal. On en reparlera si vous le souhaitez. En attendant... Y'a t'il un livre qui vous fait envie en cette rentrée ? |
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