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Recount de Jay Roach
Nous sommes à la veille d'une élection qui désignera le 44e président des Etats-Unis. le monde entier focalise son attention sur ce vote crucial, historique même, et porteur d'un espoir devenu rare. L'opposition entre Barack Obama (Démocrate) et John McCain (Républicain) s'annonce serrée et le spectre de 2000, de l'élection de George W. Bush à la présidence des Etats-Unis, remonte inévitablement à la surface... Le 7 novembre 2000, les électeurs américains étaient convoqués pour choisir le successeur du Démocrate Bill Clinton à la Maison Blanche. Le soir, le résultat désigne George W. Bush et Al Gore reconnaît sa défaite dans un appel personnel passé avec le vainqueur. De graves dysfonctionnements ont pourtant perturbés le bon déroulement du scrutin dans l'Etat de Floride, un état gouverné par Jeff Bush, le frère de George Walter. C'est le début d'un long feuilleton post-électoral avec recomptage massif des bulletins. Recount est le récit de ces atermoiements.
On ne saura peut-être jamais avec une exacte certitude si George Bush a été légitimement élu président des Etats-Unis. Le film, produit par la chaîne de télévision HBO, tente d'apporter un large éclairage sur cette affaire qui tint en haleine le peuple d'Amérique et le monde entier pendant des semaines entières. L'histoire semble racontée selon une relative partialité, puisque du point de vue du staff du Parti Démocrate. Le scénario est cependant parfaitement construit pour brasser toutes les questions autour de cet évènement, sans réel parti pris et avec un soin particulier apporté au débats entre camps démocrates et républicains.
Les machines n'ont pas fonctionnées correctement, des millions de votes ont été invalidés. Tout l'enjeu consiste à découvrir si Al Gore a été lésé. Le résultat du vote des électeurs de Floride est déterminant. C'est cet état qui déterminera définitivement le vainqueur de cette élection. Pour le camp démocrate, la course est effrénée, mais toujours vaine. Tout au long de cette élection, Al Gore aura toujours été placé derrière son opposant dans les résultats. Mais le déroulement de ce scrutin dans les comtés de Floride souffre d'une incontestable discussion. Il y a ces votes invalidés, ces manipulations que l'on nous présente et qui ont privé un certain nombre d'électeurs à exercer leur droit de vote. On assiste aussi à un débat procédurier infini. Car dès lors que le recomptage est initié, c'est toute une bataille juridique qui se met en place. On se rend compte de la complexité de l'affaire face au interprétation forcément très partisane de chacun des textes de lois. Les pressions et les manipulations autour du recomptage sont aussi inévitables. L'agacement des uns et des autres va aussi finir par peser lourdement.
D'autres enjeux pèsent aussi autour de ce recomptage : la crédibilité de la démocratie américaine, la crédibilité de celui qui sera élu si le cafouillage dure trop longtemps. Au final, ce qui est mis en exergue par les deux camps, c'est le triomphe des valeurs démocratiques, le respect indéfectible envers la Loi. On a pourtant assisté à une crise constitutionnelle exceptionnelle. Il est évident que le souffle démocratique américain s'est parfaitement fait sentir via cette mobilisation incroyable du peuple américain. Ce dernier à donc désigné George W. Bush comme le 43e président des USA, laissant un goût amer dans la bouche des Démocrates, convaincus que trop d'irrégularités auront fait penché la balance du mauvais côté.
Aujourd'hui, à quelques heure d'un nouveau vote, l'ombre de ces évènements hante quelque peu. Personne ne souhaite revivre ça. Le système de vote à changer, des efforts ont été faits et la veille autour des bureaux de floride sera sans doute exceptionelle. Recount est instructif et nécessaire. Le témoignage est édifiant mais déterminant. L'existence même du film est un témoignage de la force de la démocratie américaine, de son élan. Il est aussi une preuve supplémentaire du savoir-faire des Américains pour s'emparer de tels sujets. Recount nous tient en haleine pendant 2h, grâce à l'implication de ses comédiens (Kevin Spacey, Tom Wilkinson, Laura Dern etc.), tous parfaits, et par le brio et l'intelligence d'un scénario riche et parfaitement rôdé. La dramaturgie du film est un modèle du genre. On notera aussi que Recount est réalisé par Jay Roach. C'est une curiosité tant le cinéaste est plutôt connu pour des comédies (Austin Powers, Mon Beau-Père et moi)...
Benoît Thevenin
Recount - Note pour ce film :
Réalisé par Jay Roach
Avec Kevin Spacey, Ed Begley Jr., Laura Dern, ... Année de production : 2008 Première diffusion le 25 mai 2008 sur la chaîne HBO. Inédit en France mais présenté lors du 34 festival de Deauville Le Temps de la désobéissance de Patrick Volson
Inspiré par des évènements réels, Le Temps de la désobéissance est un honnête téléfilm, assez justement récompensé par le festival de Luchon en 2005. Le film est intéressant pour ce qu'il raconte. Comment la pression est elle mise par la Police de Vichy sur la communautée juive ? Quels sont les mécanismes qui conduisent progressivement à un rejet et une haine absolue envers des personnes désignées coupable d'inhumanité ? Les protagonistes du film, à l'exception de l'abominable ex-gangster, sont tous plus ou moins de bonnes personnes, animées au départ d'aucune mauvaise intention. Il y a aura pour certain basculement dès lors qu'un engagement précis et radical deviens indispensable. La guerre demande de choisir son camp et dans le chaos ambiant, on se doute que ce n'est pas simple. Le Temps de la désobéissance évoque bien entendu une histoire héroïque mais ce qui se trame tout au long de l'intrigue mérite attention et réflexion. B.T Le Temps de la désobéissance (TV)- Note pour ce film : Réalisé par Patrick Volson Avec Daniel Russo, Martin Lamotte, Bernard Blancan, Jacques Spiesser, ... Année de production : 2005 Première diffusion le 20 février 2006 sur France 2 (rediffusé le 1er avril 2008) Poison d'avril de William Karel
Début mars 2002, l'élection présidentielle bat son plein. Simon (Bruno Todeschini), un journaliste dès plus cynique, est nommé directeur de l'information d'une grande chaîne nationale de télévision. Sa mission : faire remonter une audience en chute libre... Documentariste de renom, William Karel s'est imposé comme l'un des plus fins observateur de la vie politique nationale et internationale. Poison d'avril revient sur la campagne présidentielle de 2002 et l'accession au second tour, le 21 avril, du leader de l'extrême-droite française Jean-Marie Le Pen, président du Front National. Ce téléfilm fictionnel raconte une histoire en prise directe avec l'actualité et diffusé pour la première fois sur Arte (le 19 janvier 2007) à l'amorce d'une nouvelle campagne présidentielle. Poison d'avril a eu de fait comme première fonction celle de piqûre de rappel.
William Karel construit son film autour d'une thèse débattue selon laquelle le thème de l'insécurité, rabbaché par les médias, a favorisé l'élimination du leader socialiste Lionel Jospin au profit de Jean-Marie Le Pen, dans la course au second tour des présidentielles 2002. Cette "promotion" du chef frontiste, bouleversement majeur de l'histoire politique récente en France (et Europe), vécue légitimement comme un coup de massue par la majorité des citoyens attachés aux valeurs républicaines, avait valeur de mauvaise blague. On n'en rigole toujours pas. La démarche de Karel de vouloir décrypter à sa manière ce fait d'actualité historique est évidemment importante. Nous n'avons de cesse de nous plaindre ici du manque de volonté de la part de nos cinéastes de s'emparer directement et à bras le corps des questions politiques qui font débat, ou plutôt surtout, de s'intéresser aux hommes qui nous dirigent. Karel, via ses documentaires, a notamment analysé les présidences de Gisard d'Estain et Mitterrand ou retracer l'histoire de l'Extrême droite en France. Son regard sur la vie politique est dès plus rigoureux. Reste que le cinéaste, dans son choix de raconter cette histoire sur le mode fictionnel plutôt que documentaire, prend aussi le parti pris de quelques libertés par rapport à son sujet. Cela n'empêche pas le sérieux de son propos, au contraire, mais celà suppose comme une certaine précaution prise par rapport aux enjeux exposés et surtout, par rapport aux conclusion tirées.
Le matraquage médiatique quelque peu foutraque des questions d'insécurités est-il l'explication fondamentale de l'échec socialiste de 2002 ? Sans doute serait-il malhonnête de le prétendre absolument mais il y a là très certainement, une partie des réponses aux questions qui ont affluées dès le 21 avril à 20h. Karel épingle le rôle des journalistes, dont certains sont prêts à toutes les manipulations pour des raison autant mercantilistes que, il ne faut pas le nier non plus, idéologiques. William Karel n'épargne personne et porte un regard sévère mais lucide et dénué de toute complaisance sur le rôle de ces journalistes. La nuance est bien sûr de mise car tous les acteurs journalistiques ne sont pas mis, fort heureusement, dans le même panier. Le coeur de Poison d'avril réside dans la lutte d'influence et le combat entre une rédaction globalement juste et morale face à un directeur de l'information, leur supérieur hiérarchique donc, vendu à des principes beaucoup moins nobles. Poison d'avril fait froid dans le dos mais il est un film nécessaire.
Benoît Thevenin
Réalisé par William Karel
Avec Anne Brochet, Marilyne Canto, ... Année de production : 2006 Première diffusion le 19 janvier 2007 sur Arte Mots clés Technorati : William Karel,Bruno Todeschini,Anne Brochet,Maryline Canto,Bruno Gourmet,Election présidentielle française,21 avril 2002 Maman est folle de Jean-Pierre Améris
Produit et diffusé par France 3, Maman est folle permet à la chaîne d'honorer vraiment sa mission de service public. France 3 s'est donné les moyens d'offrir un vrai grand film, qui n'aurait pas démérité les honneurs des salles de cinéma. Maman est folle apporte en tous les cas la preuve que la télévision française est capable d'ambitions. Sylvie (Isabelle Carré), une mère de famille quelque peu fantasque, fait la rencontre avec un immigré clandestin. Elle s'attache à lui et découvre bientôt l'univers des sans-papiers. Sensibilisée par ce qu'elle voit, elle décide de s'engager auprès d'une association bénévole. Réalisé par Jean-Pierre Améris, cinéaste toujours plus intéressant à chaque film (Mauvaises Fréquentations, Poids Légers et surtout Je m'appelle Elizabeth), Maman est folle est un film nécessaire. Sans doute pensé au moment ou le fort de Sangatte monopolisait l'attention des médias, Maman est folle décrit avec justesse un monde qui n'a disparu que des feux des projecteurs. La situation des immigrés est éminement complexe, quoique balayé outrageusement par l'action politique de celui qui est ensuite devenu l'homme fort de notre chère nation des droits de l'Homme.
Sylvie est un personnage un petit peu excentrique, ce qui laisse a certain l'opportunité de se moquer de son action. Sylvie a connu l'hôpital psychiatrique, nous dit-on, mais elle est pourtant celle qui est la plus lucide par rapport au monde qui l'entoure. Sa seule folie est d'oser aider des personnes étrang(ères) qui inquiètent, dérangent, voire terrorisent, les classes bien-pensantes. Dès lors qu'elle s'engage dans son action sociale, Sylvie est comme exclue de la société. Le regard des gens devient très lourd et c'est son entourage, son mari chauffeur de bus scolaire (Marc Citti) et ses enfants qui le subissent d'abord, mais encaissent finalement sans se plaindre. La vérité des enfants est souvent celle des parents. Le regard de Sylvie est lui plein d'empathie. Grâce à elle nous découvrons les rouages d'un problème humain difficilement soluble mais au devant lequel les institutions n'ont qu'une réponse froide, distante, cruelle et donc inadaptée.
Maman est folle interpelle, questionne, mais à travers ce film, Jean-Pierre Améris ne se place pas en donneur de leçon. Le film est simplement juste, humain et ne titille jamais la carte de l'affect forcé. Une oeuvre qu'il est important de découvrir, d'autant plus qu'elle est plus que jamais d'actualité. Le 14 février dernier, John Maiga, modeste athlète kenyan réfugié à Paris, se voyait refuser l'asile politique demandé à la France. Parce ce qu'il se savait condamné à mort par une secte dans son pays, il a préféré mettre fin à ses jours. Ce tragique fait divers, c'est toute la problématique de Maman est folle. Sangatte n'a sans doute pas servit à grand chose ; n'a en tous les cas pas suffit...
Benoît Thevenin
Mots clés Technorati : Maman est folle,Jean-Pierre Améris,Isabelle Carré,Marc Citti,John Maiga,Sans papier,Sangatte Maman est folle (TV) - Note pour ce film :
Réalisé par Jean-Pierre Améris
Avec Isabelle Carré Année de production : 2005 Première diffusion le 22 novembre 2007 sur France 3 (rediffusé le 24 mars 2008 sur TV5) "Alice Nevers" : La juge témoigne
Marine Delterme, héroïne d'"Alice Nevers, le juge est une femme", revient sur les grandes nouveautés de la saison...
Marine Delterme : Moi je préfère mille fois. D'abord la narration est différente, on a plus de rebondissements et moins de fausse-pistes. En 90 minutes, la narration s'éparpillait davantage. Là, c'est plus elliptique, plus rapide. On rentre tout de suite dans le coeur des scènes, c'est beaucoup plus incisif. Je préfère, car même à jouer, il faut plus d'énergie.
Ce changement de rythme permet au personnage d'évoluer ? Oui le personnage évolue. Peut-être à cause du nouveau format mais aussi à cause de l'air du temps. Elle est moins parfaite, plus proche de la réalité. Elle peut mentir aux gens, les manipuler en donnant de fausses infos. C'est aussi quelque chose de nouveau dans la narration. Bizarrement, le nouveau format a induit des changements par rapport au personnage d'Alice. Comme on n'a plus toutes ces fausses pistes, il faut fonctionner autrement.. Il y a moins de personnages et le suspense réside maintenant plus dans la façon dont on peut les manipuler pour les faire craquer. Ce changement de format rend particulièrement compte de l'influence des séries américaines ? C'est une révolution. C'est une révolution parce qu'étonnamment, ca vient des ménagères. Elles ont regardé en masses ces séries américaines, des séries dures, violentes, incisives... Ce n'est plus seulement un public de jeunes initiés qui suivent ces séries, c'est le grand public. Les séries US ont changé la vision et la façon de regarder des films. D'autant plus qu'aux USA, il y a une forme de puritanisme, de censure même, qui stimule la créativité et tout un panel de séries ont émergées, avec une critique très forte de la société. En France, on a peut-être moins de barrières mais on est en tout cas plus lent. Du coup, on a quand même été rattrapé par ce ton. Le public s'y est habitué et cela nous à quelque part forcé à certains réajustements Alice Nevers fait maintenant équipe avec Fred Marquand, alias Jean-Michel Tinivelli. Pouvez-vous nous décrire la relation qu'entretiennent ces deux personnages ? Avec Arnaud Binard (le lieutenant Romance), il y avait un peu un rapport de maîtresse à élève dans le sens ou c'est Alice qui donnait les ordres. Romance était aussi peut-être un petit peu amoureux d'Alice. Il y avait donc un rapport de séduction. Là, avec Jean-Michel Tinivelli, qui est plus âgé que moi, qui a plus d'expérience, on a un rapport complètement différent. Il s'oppose plus et avec plus de fermeté, autant dans sa façon d'être que de penser, mais sans enlever la possibilité de la séduction. Auprès de Marquand, je crois qu'Alice gagne en maturité. D'ailleurs, pendant le tournage, René Manzor, le réalisateur, me disait "c'est comme si c'était quatre ans plus tard". On a donc une Alice Nevers plus mature, plus professionnelle. On évoquait le côté politique des séries US. Dans "Alice Nevers", les nouveaux épisodes se déroulent dans un contexte très social : liquidation judiciaire ("Liquidation totale"), la pression dans les grandes écoles ("Cas d'école")... Et ca va continuer. Dans les prochains épisodes, il sera notamment question d'homo-parentalité. La productrice, Pascale Breugnot, à toujours voulu dans ces intrigues une toile de fond sérieuse et documentée. Elle est toujours dans l'air du temps. Ce ne sont pas seulement des crimes passionnels etc. Derrière les histoires, il y a quelque chose. D'ailleurs, avec l'affaire d'Outreau, mon personnage a été quelque peu obligé d'évoluer. Alice est une héroïne moins positive, qui a des failles, qui doute etc. Encore plus avec les dernières présidentielles, où les candidats ont puisé de la force dans leurs faiblesses, on ne peut plus aujourd'hui, en 2007, avoir une héroïne parfaite et positive. Autre changement notable avec René Manzor à la réalisation. Qu'a t'il apporté de nouveau à la série ? Enormément. Il est passionné et il s'est investit autant que dans un long-métrage. Il a profité du passage à 52 minutes pour tout changer : la manière de filmer, la musique... Il a fait un vrai travail de modernisation de la série, avec une ligne esthétique précise qui sera suivie par les réalisateurs qui lui succèderont. On peut maintenant reconnaître la série rien qu'à l'image et au son. Avant René Manzor, il y avait peu d'unité entre les épisodes. Les metteurs en scène s'adaptaient et, par exemple, on avait une lumière différente selon les sujets. Dorénavant, les codes esthétiques de la série sont plus précisément définis.
Le look a changé. Je le voulais depuis longtemps mais là, René Manzor m'a appuyé. Alice à un look plus masculin, plus moderne mais aussi plus identifiable. Elle est maintenant souvent habillée de la même manière. Cela lui donne une plus forte identité. Et puis, les juges ont affaires à des déséquilibrés et il est difficile quand même pour une femme juge de se présenter en talons et en jupe...
Vous avez suivi des juges pour approfondir votre connaissance du personnage ? Oui, c'est arrivé quand on m'a confié le personnage. A l'époque, c'était la seule série que je regardais et je trouvais que pour une fois les acteurs, Florence Pernel et Frédéric Diefenthal avaient l'air de s'amuser. Il y avait déjà un ton que j'aimais bien. Mais jouer le rôle d'un juge... je sentais le besoin de comprendre la complexité de cette fonction. J'ai donc suivi trois juges, un homme et deux femmes, et j'ai même pu assister à une audition en me faisant passer pour la greffière. J'avais des préjugés sur la justice mais ils ont été gommés. J'ai beaucoup d'admiration pour ces gens. Et être sur le terrain, voir comment les juges parlent aux avocats etc... ça m'a énormément appris, et aider pour le personnage d'Alice. Y a-t-il des rôles, des personnages qui vous font envie ? J'ai des obsessions : Berthe Morizot, la peintre, Violette Nozière, un personnage fascinant auteur d'un double parricide. J'aimerais beaucoup aussi jouer dans un drame dans le style d'Erin Brockovich... Avez vous d'autres projets, pour la télévision, pour le cinéma ? Je vais tourner dans la mini-série Coco Chanel pour HBO, France 2 et la RAI. Je joue Adrienne, sa grande rivale. Le script est magnifique. Il s'agit d'un téléfilm en deux parties de 90 minutes. Le tournage est en anglais et j'en suis très contente puisque je n'ai plus tourné dans cette langue depuis Vatel. J'ai d'autres projets mais rien de certain et comme je suis superstitieuse, je ne préfère pas en parler. Je continue aussi la sculpture, mon autre passion et qui prend une grande place dans ma vie.
Six Feet Under, ça doit être mon côté morbide (rires). J'adore. Ça me fait un peu penser à David Lynch avec cet univers autour de la mort. Je travaille beaucoup là-dessus en sculpture. Ça correspond à ce que j'aime. Et sinon, Desperate Housewives, que j'ai redécouvert car je n'aimais pas au début, mais que je trouve assez gonflé ! Des héroïnes négatives mais finalement très sympathiques.
Propos recueillis par Benoît Thevenin à Paris, le 18 octobre 2007 "Dexter" (Saison 1), créée par James Manos JrMichael C. Hall (Six Feet Under) joue Dexter, tueur en série peu ordinaire dont les victimes sont eux-mêmes tueurs en série… Dexter est donc une sorte de justicier.
« Dexter » est actuellement l’une des séries à la mode. Si elle a ses qualités, indéniables, elle n’en reste pas moins mineur au regard de la production télévisuelle américaine de ses dernières années. Il n’y avait que les américains pour concevoir une telle histoire. C’est là bas que la fascination pour les serials killers est la plus exaltée. C’est là bas aussi que le culte de l’auto-vengeance et de la peine de mort et le plus exacerbé (concernant les démocraties occidentales, entendons-nous). Partit de là, « Dexter » peut assez facilement être considérée comme une série malsaine. Elle l’est.
Tout ne s’arrête pas au personnage principal. Autre exemple de cette polarisation 'bons' vs 'méchants' : le lieutenant Doackes assassine un suspect haïtien dans l’exercice de ses fonctions (Episode 9). Le flic plaide la légitime défense mais l’expertise dévoile vite les failles. L’affaire sera étouffée. Doackes a connu sa victime à Haïti. L’un était un jeune agent de la CIA, l’autre un membre des escadrons de la mort. La victime 'méritait' donc de mourir et Doackes ne sera pas blâmé. On ne peut pas dire qu’il y ait deux poids, deux mesures. La règle est pour tout le monde la même, les 'gentils' ont le droit de faire la peau aux 'méchants'. C’est un raisonnement tout de même assez primaire.
Les personnages de la gentille mère de famille un peu cruche et petite amie de Dexter (Julie Benz, vue dans « Buffy ») et du père de Dexter, flic intègre et droit qui enseigne à son fils adoptif ce qu’est un ‘crime juste’, servent de relais à la morale bienveillante chrétienne qui englobe très généralement la série. Et tout ceci pondère fortement le plaisir ressenti devant ces douze épisodes...
Le personnage de Dexter, même s’il est très caricaturalement tourmenté par ses démons, est incarné avec force et justesse par l’excellent Michal C. Hall. D’une manière générale, le casting est même plutôt excellent (exceptée Julie Benz, assez insupportable) et l’intrigue souvent captivante. Mais là encore, la série est finalement faiblarde. Le scénario s’embarque sur un chemin abracadabrantesque. Le tueur génial se révèle bien moins malin qu’on ne le pensait, tout n’est finalement qu’histoire de famille et l’équipe de flics découvre miraculeusement, par un simple éveil de conscience, les ficelles d’une histoire dont elle ne comprenait jusqu’alors pas grand chose.
« Dexter » n’est clairement pas la série géniale annoncée. Elle est parfois drôle, parfois sous haute-tension, souvent captivante mais, toujours, il manque ce petit truc qui fait que la sauce prend, ou pas. Et puis surtout, sous l’alibi d’un faux cynisme se dissimule une authentique apologie du ‘crime utile’, bien trop détestable pour que l’on y adhère sans arrière pensée…
Série créée par James Manos Jr
Avec : Michael C. Hall, Jennifer Carpenter, Lauren Velez, Julie Benz... Nationalité : américaine "Deadwood" (Saison 1), créée par David Milch
Succès colossal outre-atlantique, « Deadwood » aura sûrement du mal à trouver un succès comparable chez nous. La série évoque les prémisses de la démocratie américaine. Deadwood est le nom d’une ville qui se bâtit sous fond de ruée vers l’or. Ceux qui s’installent à Deadwood tentent leur chance et/ou fuient des lieux où ils ne sont guère désirables.
Lorsque la série démarre, Deadwood n’a pas encore été indexée aux Etats-Unis. Elle est encore une ville indépendante et où il n’y a ni tribunal ni loi. Al Swearengen , patron du saloon, règne sur la ville. Une emprise sous fond de corruption et de dépravation (meurtres, jeu, sexe, prostitution etc.).
Tout commence lorsqu’une famille d’origine scandinave est retrouvée massacrée. La seule survivante est une très jeune enfant qui ne parlent pas l’anglais. On tente d’abord de faire porté le chapeau aux Sioux mais la vérité est bien différente. Différentes affaires vont ensuite se greffer autour.
Cette série mise sur le réalisme pur. Les dialogues sont cru, l’atmosphère est puante et sombre, et les personnages sont décris dans toutes leurs ambivalences. Rien ne semble épargné. Servis par une interprétation toujours excellente et une mise en scène réellement audacieuse et riche (Walter Hill est derrière tout ça), « Deadwood » est l’une des dernières vraies merveilles d’une télé américaine qui ne cesse d’étonner par son inventivité et son audace.
Série créée par David Milch
Avec Keith Carradine, Brad Dourif, Jeffrey Jones, ... Nationalité : américaine 60 ans de Séries Télé américaines
60 ANS DE SERIES TV US
« On a tous une série culte ». Canal Jimmy sait de quoi il parle. La chaîne câblée a bâti sa notoriété en proposant une programmation riche en séries en tout genre. Et le plus souvent, toutes ses séries sont d’une exceptionnelle qualité. Ce n’est pas une surprise quand l’on voit que Jimmy s’est finalement imposé comme le premier diffuseur français des productions HBO. La chaîne américaine est célèbre pour l’excellence de sa grille de programmation et Jimmy, quelque part, récolte les fruits de cette exigence qualitative. Pour le bonheur du public français, des séries tels « Les Soprano », « Sex and the city » « Six Feet Under » ou encore récemment « Sur Ecoute » ont d’abord connus les honneurs d’une diffusion sur la chaîne câblée.
En quelques phrases, le décor est planté et déjà nous ne parlons que de séries américaines. Ceci est un fait : les meilleures séries viennent d’outre-atlantique. Et ce n’est pas nouveau. Dès les années 50, « Zorro », « Les Incorruptibles », « Alfred Hitchcock présente », « Au nom de la loi » (avec Steve Mc Queen) ou encore « La Quatrième dimension » nous parvenaient déjà des Etats-Unis.
Des séries européennes, cela existe bien sûr. Mais peut-on comparer, qualitativement parlant, les « Derrick » ou « Tatord » avec des œuvres comme « Deux flics à Miami » ou « New York PD Blue » ? Le succès populaire de la série espagnole « Un, Dos, Tres » à t’il un rapport avec ses qualités intrinsèques. Et en France, est-il seulement légitime de rappeler la productivité nauséabonde de TF1, de « Julie Lescaut » à « Femmes de loi »…
Les séries télé sont donc américaines. Peut-être cela vient du fait qu’il n’y a guère qu’aux Etats-Unis que les séries sont prises pour ce qu’elles sont vraiment : des œuvres, un genre narratif à part entière et qui compte ses auteurs. L’essor de la télévision américaine s’est fait selon un processus de fidélisation du public. Quelle meilleure manière que de présenter des personnages récurrents auxquels le public peut s’identifier ?
Les chaînes américaines ont toujours su proposer des séries en phases avec leur époque, en lien directe avec l’actualité ou le contexte politique. Dans les années 60, en pleine Guerre Froide, deux séries d’espionnages particulièrement inventives pour l’époque, passionnent le public américains. « Mission : Impossible » et « Les Mystères de l’ouest » marqueront l’imaginaire collectif. Dans la même décennie, dans ce même contexte de Guerre Froide et alors que Kennedy et Kroutechev luttent pour la conquête de l’espace, NBC lance « Star Trek ». Les plus grands auteurs de SF, tel Richard Matheson, travailleront sur cette série. Le succès n’est pas immédiat mais les trois saisons de « Star Trek » influenceront considérablement des générations entières de spectateurs et de cinéastes, George Lucas le premier.
Les années 70 marquent une sorte de renouveau du genre série. «M.A.S.H » enchaîne sur le succès du film éponyme (et palmé à Cannes) de Robert Altman et offre un regard a la fois drôle, lucide et humain sur ce qui se joue alors au Vietnam (bien que la série se déroule pendant la guerre de Corée). Mais si « M.A.S.H » est un must, les années 70 ne seront pas particulièrement enthousiasmantes. « Charlie et ses drôles de dames » ou « Colombo » sur laquelle des cinéastes tels Steven Spielberg se feront la main, resteront, avec aussi « Kung Fu » comme les séries phares de la décennie. Les 70’s marquent surtout l’avènement du Soap avec « Dallas ».
Le renouvellement se fera plus sûrement la décennie suivante. Steven Broco se fait connaître avec « Capitaine Furillo » et « La Loi de Los Angeles ». Il accueille dans son équipe David Kelley, le futur créateur de « Ally Mc Beal ». Les séries policières, on le remarque de tous temps, sont toujours parmi les séries les plus populaires. Et dans les 80’s, l’autre succès phare ne sera rien de moins que « Deux Flics à Miami », la série ultra réaliste et violente crée par Michael Mann. Mais les années 80, se sont aussi les premières Sitcom : « Le Cosby Show », « Mariés, deux enfants » etc. et la première grande série animée, « Les Simpsons ».
On retrouvera les même tendances dans les années 90. De nouvelles Sitcom donc avec « Friends », « Seinfeld » ou encore « Spin City » et d’autres séries animées telles « South Park » ou « Daria ». Mais, les années 90 sont d’abord celles du câble. A partir de là et jusqu'à aujourd’hui, on notera l’extraordinaire concurrence entre des chaînes toujours plus nombreuses et avides d’imposer leurs séries. Ce contexte est le prétexte à toutes les audaces au presque. Les tabous sautent avec des séries comme « Sex and the city » (concernant la sexualité) et « NYPD Blue » (pour les tabous de langages ). « Oz », véritable tragédie antique dans un quartier de haute sécurité apparaît aussi sur les écrans (une autre production HBO) et se révèlera être, très certainement, l’œuvre la plus (intelligemment) contestataire diffusée à la télévision américaine.
Un autre genre apparaît aussi, en parallèle avec les séries strictement policières. Il s’agit des séries d’avocats crées par l’ancien pénaliste David Kelley. « The Practice » et « Ally Mc Beal » figureront parmi les plus grands succès populaires de la décennie. Rien de comparable toutefois avec le phénomène « X-Files ». Les aventures de Fox Mulder et Dana Scully réhabilitent le genre de la série B. Quelques années plus tard apparaîtront en effet des œuvres telles « Buffy contre les vampires » ou « Le Caméléon ». On notera que toutes ses séries feront le succès, en France de M6, cette petite chaîne privée qui tente de faire sa place auprès de TF1. Le succès de « La trilogie du samedi » est spectaculaire. « X-Files » et « Buffy » deviennent, ici aussi, de vrais phénomènes de société, tout comme, bien entendu, « Urgence » (diffusé en France par France 2)
Les années 2000 ne sont pas moins passionnantes. Le nombres de chaînes aux Etats-Unis est tel (environ 500) que la concurrence est rude. HBO est toujours à la pointe et continue de produire les séries les plus abouties, les plus intelligentes aussi. Les deux plus emblématiques ont en commun d’être de véritables tragi-comédies construites autour de la notion de famille. On pense là, bien sûr aux « Soprano » et à « Six Feet Under ». HBO produit dans le même temps « Deadwood » et « Sur Ecoute » preuve du talent des auteurs affiliés à cette chaîne.
« Sur Ecoute » est l’une des séries emblématiques de l’après 11 septembre 2001. Si « 24h Chrono » a été initialement crée avant les attentats, elle se nourrit néanmoins très fortement du contexte géopolitique. « Alias » est sur la même ligne. La série renouvelle le genre de la série d’espionnage mais se base sur un climat excessivement paranoïaque. De plus « Alias » permet l’avènement de J. J. Abrams, son créateur par ailleurs père de « Lost », un des succès culte des années 2000.
Parmi les séries les plus passionnantes de cette décennie, on évoquera la très subversive « Nip/Tuck », miroir au cynisme incroyable d’une société capitaliste qui marche sur la tête. Par ailleurs, «The Shield », dans un registre similaire, prend la relève de « NYPD Blue ».
D’une manière générale, les années 2000 semblent être celle de toutes les audaces. Indépendamment des très hollywoodiennes « Experts » ou « Lost », « Boomtown », « Dead Like Me » « Cold Case » et d’autres encore bouleversent la donne proposant un éventail excessivement riche et varié de séries de grandes qualités. Les amateurs de séries américaines ne peuvent que se réjouir. DisparitionSérie américaine produite par Steven Spielberg
Dès années 50 à aujourd'hui, une saga familiale axée sur la mythologie populaire américaine des enlèvements Extra-terrestres. Un vrai régal pour les yeux. décor, réalisation, photo, sfx... tout est vraiment niquel. ajoutons à celà une dimension poétique et philosophique dès plus intéressante. "Disparition" est une série maligne, hyper bien construite, captivante etc... Un monument de la télévision. |
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