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LATERNA MAGICACinéphilie, critiques et actu ciné
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Live from Cannes 2008
Nous arrivons à voir l'ensemble des films de la compétition, ainsi qu'un certain nombre des oeuvres présentées dans les sections parallèles. Nous essayerons, dans la mesure du possible, de publier nos impressions sur chacun des films. Tous les textes seront de toutes les façons en ligne, au plus tard, au lendemain du festival. En attendant, retrouvez sur ce billet notre buzz perso et actualisé à mesure des projos que nous découvrons
Ce billet sera actualisé quotidiennement
Au jour du 20 mai, 6ème jour du festival...
SELECTION OFFICIELLE Malheureusement, nous n'avons pas encore pu voir L'Echange de Clint Eastwood ; ni 24 City de Jia Zhang-Ke. On compte sur les séances de rattrapages pour... vous avez deviner ;)
Delta de Kornel Mundruczo. Jeune réalisateur hongrois de Pleasant Day, Mundruczo a obtenu à Cannes ce que son compatriote et maître Bela Tarr n'a pas pu ramener : une véritable ovation. Delta est un film radical, dur, plombant mais d'une puissance assez unique. C'est une expérience de cinéma, un film pas forcément aimable. Nous on adore et, pour sa mise en scène et sa force narrative, Delta mériterait de trouver sa place au palmarès. Two Lovers de James Gray. Dans le New-York lugubre de James Gray, une histoire d'amour improbable et à sens unique se tisse entre deux voisins de palier. James Gray est un grand metteur en scène et il le prouve ici encore. Two Lovers n'a cependant pas la force brute des oeuvres mafieuses du cinéaste. Une déception... Le Silence de Lorna de Luc et Jean-Pierre Dardenne. Ceux qui n'aiment pas les deux frères peuvent passer leur chemin. Lorna est plus posé que leurs précédents films mais les cinéastes titillent la même fibre sociale et humaniste que dans leurs autres longs-métrages. Au 5e jour du festival, on se dit que Lorna peut clairement envisager une troisième couronne cannoise. Limpide et habile, Lorna distille quelques moments forts. Arta Dobroshi est une découverte magnifique. Jérémie Rénier est lui aussi saisissant. Services de Brillante Mendoza. Le cinéma philippin est en plein renouveau et Mendoza son principal chef de fil. Après le magnifique John-John, sorti en salle au début de cette année, voici Services (Serbis en V.O), dans lequel Mendoza nous fait visiter un cinéma porno, lieu de transitions ou plusieurs petites histoires se tissent. Le film rappelle parfois La Chatte à deux têtes de Nolot mais se révèle bien plus lumineux et subtile que ce dernier. Dans le brouhaha de Manille, les êtres se frottent sans tabou ni honte et, miracle du cinéma de Mendoza, ce n'est jamais vulgaire. La conclusion du film est géniale. Les Trois Singes de Nuri Bilge Ceylan. Une belle histoire de sacrifice, un excellent trio de personnages, des images toujours aussi uniques chez Ceylan mais une lenteur parfois exagérée. Le grief est pauvre mais parfois à Cannes, on perd patience. Linha de Passe de Walter Salles et Daniela Thomas. Football et religion se mêlent dans cette histoire d'une famille en lutte contre un certain déterminisme d'une société brésilienne asphixiée et disfonctionnelle. Beaucoup de justesse et de vérité. Un excellent film qui ne décevra pas les aficionados de Salles. Un Conte de Noël d'Arnaud Desplechin. Un film ambitieux ne serait-ce que par l'ampleur de sa mise en scène. Quelque scènes d'une force incroyable, une irrévérence dans les rapports entre les personnages qui est assez réjouissante mais, malgré tout, une impression assez tiède. A quoi cela tient ? Peut-être au contexte de Cannes qui fait que ce film, tout de même très bavard et dans la tradition d'un certain cinéma français, a un peu de mal a être complètement digéré. Signalons aussi un casting impeccable, Amalric en tête. Ce conte de Noël partage beaucoup de points communs avec Rois et Reine, précédent film du cinéaste, mais ne paraît pas - en tous cas pas instantanément - aussi riche et puissant. Valse avec Bashir d'Ari Folman. Un ovni, mi documentaire, mi fiction et... entièrement animé. Le film évoque sur un mode onirique le massacre de Sabra et Chatila. La justesse du propos, la subtilité des scènes, la force du discours et l'audace du traitement font de ce film, plus qu'une curiosité, un véritable petit miracle de cinéma qui a déjà toutes les chances de se trouver une petite place au moment du palmarès. Leonera de Pablo Trapero. Les cinq premières minutes sont extraordinaires. La suite se déroule ensuite plus banalement, sur un faux rythme et sans surprise. La mise en scène est sobre mais intéressante. L'actrice principale est parfaite mais son personnage apathyque ne suscite guère de compassion. Un film un peu étrange, intéressant mais tout simplement vain. Anecdote concernant le générique : le film est produit par Walter Salles, lui-même en compèt' avec Linha de passe. Blindness de Fernando Meireilles. Le film d'ouverture de ce cette Sélection officielle laisse une impression des plus mitigée, peut-être à cause de l'attente qui aura longtemps précédé la découverte de ce long-métrage. Meireilles est toujours autant virtuose avec sa caméra, peut-être un peu trop. Blindness est bancal, ne convainc pas tout à fait... certainement pas nous.
HORS-COMPETITION : Indiana Jones et le Royaume des crânes de cristal de Steven Spielberg. Un pur plaisir de retrouver Indy même si le scénario de David Koepp en laissera beaucoup sur le carreau. Contrat rempli, ni plus ni moins. Lire notre critique par ailleurs. Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen. Une cuvée 2008 dès plus fraiche et convainquantes pour l'incorrigible cinéaste new-yorkais. Son exil en Espagne est réjouissant, dans la lignée de Match Point, une pincée de cynisme en moins. Les acteurs sont aussi beaux que juste. Sublime découverte que Rebecca Hall. Javier Bardem est incroyable (et évidemment à l'opposée de son rôle de serial killer chez les Coen) et Woody est amoureux de Scarlett. Le film ravira forcément les fans. The Chaser de Na Hong-Jin. Une histoire de tueur en série coréenne qui rappelle parfois Memories of Murder. Mais parfois seulement. Na Hong-Jin n'a pas le même talent que Bong Joon-Ho mais il sait indéniablement filmer. L'histoire de The Chaser est assez incroyable dans son déroulement et laisse parfois perplexe par la grossiereté de certains événements de l'intrigue. Ceci n'empêche pas un certain plaisir et The Chaser est un film efficace à defaut d'être malin. Premier film du cinéaste, il s'agit - à ce jour - du plus gros succès du cinéma coréen.
Dans les sections parallèles : Gros coup de coeur pour Tokyo ! avec ses trois moyens métrages signés Gondry, Carax et Bong Joon-Ho. Coup de coeur aussi pour deux films français : Dernier Maquis de Rabah Ameur Zaimèche et le très fantasque Voyage aux pyrénées des frères Larrieux. Excellente surprise avec Tokyo Sonata, dernier film du prolifique Kyoshi Kurosawa. Habitué au cinéma fantastique, Kurosawa nous offre cette fois-ci un drame social étonnant et magnifique. Une belle révélation. Acné, premier long-métrage de l'uruguayen Federico Veiroj, s'est avéré une superbe découverte. Un film nonchalent et drôle, belle chronique ado du passage à l'âge adulte. Une bouffée d'air frais. Coup de blues pour Soi Cowboy, second film de Thomas Clay après le choc The Great Ecstasy of Robert Carmichael. Comme Clay, Ronit et Shlomi Elkabetz nous avaient emballés avec leurs premier film (Prendre femme). Les 7 jours nous convainc un peu moins. Présenté à la semaine de la critique, La Sangre Brota de l'argentin Pablo Fendrik marque par la violence de certaine scènes. la conclusion est même particulièrement brutale. Pour le reste, un film dense et un peu maladroit, un peu confus, mais pas désagréable. Premier film d'Anna Novion, Les grandes personnes est un petit film décalé et agréable. Rien de bien génial a retenir mais le film s'avère donc plaisant et c'est suffisant. Johnny Mad Dog. Produit par Mathieu Kassovitz, Johnny Mad Dog ne manquera pas de faire - tôt ou tard - polémique. Le sujet est radical et difficile : des enfants-soldats, véritbales escadron de la mort, dans leur parcours violent. Le sujet est perturbant en soi, rappelle un peu dans l'esprit le fameux clip de Justice réalisé par Romain Gavras. Le film est efficace dans ce qu'il montre, saisissant de réalisme sans que le réalisateur n'en rajoute, mais le principe de ce film reste simplement complaisant.
Sur le marché du film Martyrs de Pascal Laugier. Pascal Laugier, réalisateur du très très moyen Saint-Ange, revient avec un film précédé par un buzz assez intense. Martyrs serait une boucherie, un film traumatisant, ce qui d'ailleurs lui ferme sans doute pour le moment tous les accès aux salles de cinéma. Tant mieux en fait car si le film est effectivement ultra-violent, il est aussi complaisant dans cette violence, peu malin même. On ne tombe pas dans les travers caricaturaux et scandaleux d'une daube extrême comme Frontière(s) mais Martyrs vole à peine plus haut. Le ballon de baudruche allégé en fait de la connerie de son homologues et de ses dialogues édifiants. Martyrs reste racoleur, malgré une première partie assez bien menée et réellement intense. Les trois derniers quarts d'heures sont en revanche consternant à tous les niveaux. Et surtout inutiles. La sortie salle de ce film, elle n'est pas gagnée, et sa rumeur, il est désormais nécessaire de la pondérer.
B.T Indiana Jones et le Royaume des Crânes de cristal (Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull)
Voir Indiana Jones à Cannes et mourir... Non, il ne faut pas déconner à ce point, d'autant plus que l'exclu n'est que très relative. Mais voilà, c'est avec un enthousiasme débordant que l'on a pu pénétrer dans la salle du Palais pour découvrir un peu avant tout le monde le film le plus attendu de l'année, voire de ces dernières années. Disons le tout de suite, les réactions du public - composé pour une partie de fans purs et durs et pour l'autre de spectateurs moins familiés de l'univers du docteur Jones - auront été plus que tièdes... et c'est un indice qui ne trompe pas... Disons le aussi, ici nous ne sommes pas des fans hardcores de la saga, juste nous avons beaucoup - et plus encore même - de sympathie pour la trilogie initiale. Alors forcément, la question que la plupart se pose encore à l'heure où ces lignes sont écrites, est de savoir si oui ou non, Indy méritait le buzz savament entretenu par George Lucas et Steven Spielberg ?
La réponse est oui, indubitablement, et parce qu'il y a plus d'inventivité dans cet épisode que dans n'importe lequel des films d'aventure sorti en salles depuis près de 25 ans. Il faut faire confiance à Steven Spielberg et à son talent incontestable de metteur en scène. Le rythme fou dans lequel nous sommes tout de suite plongé permet de revenir sans préambule aux sources du divertissement, ce dont Indy et Spielberg sont justement d'une certaine manière, les chantres. Le rythme ne sera pas éfreiné jusqu'au bout mais on ne peut pas dire non plus que l'on s'ennuie une seconde. Qu'est ce qui fait qu'Indy déçoit alors une partie de son public ? La collusion entre deux univers essentiels du cinéaste, la cohabitation aussi entre une esthétique un peu cheap, proche des autres Indiana, et des effets-spéciaux modernes et pourtant un peu bidon (parfois).
Pour Indy 4, Spielberg a réuni sa dream-team : George Lucas a la production, évidemment, David Koepp pour le scénar et Janucz Kaminski à la photo. Ce n'est pas forcément gage de réussite. La photo de Kaminski, particulièrement bien léchée semble comme pensé pour lisser au mieux les visages de quelques vieux acteurs... Karen Allen est celle qui en souffre le plus, d'autant plus que son jeu et son personnage de Marion sont particulièrement déplorables ici. Et c'est le gros gros point noir du film. Harrison Ford lui aussi est clairement vieillissant mais il s'en tire de manière honorable. Il est juste trop vieux pour les cascades d'antant. Shia LaBeouf prend peu à peu le relais même si justement, dans sa conclusion, Spielberg indique clairement que le temps d'Indy Jr n'est pas encore venu. Finalement, Indy 4 laisse une impression de déjà vu. C'était peut être mieux avant mais ça n'empêche pas de s'amuser quand même. C'est toujours un pur bonheur de voir ses aventures se poursuivre, même si Spielberg s'amuse à prendre le contre-pieds de l'attente suscité. Ce quatrième volet s'adresse t'il aux fans ? On les laissera se prononcer. Nous, malgré nos réserves, ont à carrément pris notre pied.
Benoît Thevenin "Blindness" de Fernando Meireilles
Film d'ouverture du 61e festival de Cannes.
L'être humain est doté de vue mais souvent ne voit pas. Le préambule est limpide est prometteur, d'autant plus que Blindness marque la rencontre entre un cinéaste doué (auteur de La Cité de Dieu et surtout de The Constant Gardener) et José Saramago, écrivain portugais lauréat du prix Nobel de Littérature en 1998. Meireilles ne perd pas de temps à installer son intrigue. Une voiture ne démarre pas au feu vert, le conducteur est devenu subitement aveugle. L'homme consulte un ophtalmo qui ne sait définir les origines de ce mal... avant d'en être victime lui-même. La cécité atteint l'ensemble de l'humanité, provoquant une régression de l'humain et de ses valeurs. Privé de l'un de ses sens, l'humain devient incapable de rien et, réduit, a néant provoque le chaos. La métaphore du film est évidente mais elle ne constitue pas vraiment toute sa matière. Ce qui rend le film intéressant, c'est les nouveaux rapports de forces qui se nouent peu à peu autour du héros joué par Mark Ruffalo. Son épouse (Julianne Moore) est la seule a ne pas être victime de cette étrange épidémie. Elle est la seule guide, celle par qui le spectateur voit. A ce moment là, Julianne Moore est pourtant déjà impuissante. Le mal ronge l'humain prêt à toute les concessions pour assurer une survie soudain menacée par le handicap. Les aveugles de naissances sont déjà en phase avec ce monde sans repère. Plongé dans l'obscurité depuis toujours, leur expérience est redoutable face au reste de l'humanité soudain aveuglée par une sorte de bain de lumière indéfini. La régression moral est enclenchée, une sorte de guerre se déroule alors que les rapports entre les individus demeurent ambivalants. Blindness est un objet filmique assez atypique. Meireilles parsème son récit de symboles, quitte à une sorte de maniérisme parfois forcé. Meireilles fait de l'image - signalons encore l'excellente photo de Cesar Chardone -, instruit quelques questions philosophiques mais l'ensemble laisse une impression un peu bancale, s'autorisant quelques fulgurances assez sidérantes, quelques séquences d'une intensité réelle, mais ne pondérant pas cette déception tenace qui nous habite. Peut-être Meireilles ne contrôle pas encore complètement son désir de montrer qu'il sait faire de l'image. B.T L'actu ciné du 13 mai
B.T Et Puis les touristes (Am Ende kommen Touristen) de Robert ThalheimPremière publication le 30 mai 2007
Sven, un jeune allemand, arrive à Auschwitz pour effectuer son service civique, sur les lieux même de ce qui a été le plus sordide crime contre l’humanité du XXème siècle. Il est affecté auprès de Krzeminski, un survivant octogénaire qui continue de vivre sur le camp. Le film de Robert Thalheim ne prend pas la forme d’un examen de conscience. Sven débarque timidement à Auschwitz. Il est « l’Allemand » et, même si les tensions avec le peuple polonais sont aujourd’hui apaisées, Sven sait qu’il porte sur ses épaules un lourd héritage. Il se doit d’être attentif à ses paroles, à ses actes. Les plaisanteries douteuses de quelques rescapés (« demande-lui si son grand-père est lui aussi déjà venu travailler ici ») ne peuvent masquer le malaise qui subsiste.
Krzeminski, un octogénaire survivant du camp, ne facilite pas la tâche de son auxiliaire. Il est un vieil homme aigri, qui ne supporte pas de se sentir faible. Ses rapports avec Sven sont tendus et le passif des Allemands en terre polonaise n’y est sans doute pas pour rien. Sven reste néanmoins suffisamment attentif et sérieux pour être très généralement bien accepté par ceux qui vivent ici.
A travers la relation qu’il noue avec la très charmante Ania, une autre question surgit : l’enracinement à sa terre natale peu importe qu’elle ait été le théâtre d’horreurs inconcevables. Ania n’a pas connu la guerre, elle a grandit sur ces lieux et a du mal à envisager de partir. On ne peut pas dire que le passé n’a aucune prise sur elle mais elle est logiquement moins affectée que Krzeminski. Le vieil homme est lui lié à cette terre pour la vie. Sa famille n’arrive pas à le convaincre de les rejoindre pour une vie plus facile auprès de ceux qui l’aiment. Krzeminski est traumatisé par la guerre et a besoin de vivre avec ses souvenirs. Sur le camp, il est d’ailleurs le dernier à les évoquer auprès des étudiants en visite, le dernier à rappeler ce qu’il a vécu à l’occasion des commémorations qui s’organisent. Mais au final, Krzeminski effectue un constat tragique. Alors qu’il vient d’être interrompu dans un de ses discours de mémoire, le vieil homme sent que sa place n’est plus ici. « Ce que j’ai vécu n’est plus important, « La Liste de Schindler » leur fait plus d’effet ».
Et puis les touristes est un film apaisé, sans colère ni ressentiment, mais simplement humain. Le sujet était tout de même sensible mais Robert Thalheim arrive à nous toucher sans heurt. Le cinéaste signe là son second film, après Tout ira bien, sortit il y a tout juste un an en France.
Benoît Thevenin Réalisé par Robert Thalheim Avec Alexander Fehling, Ryszard Ronczewski, Barbara Wysocka, ... Année de production : 2007 Sortie française le 14 mai 2008 Sous les bombes (Taht el Qasef) de Philippe Aractingi(première publication le 20 avril 2008)
"Sous les bombes, la plupart sont morts sous les pierres. C'est pour eux que nous avons fait ce film..." En 2005, Philippe Aractingi tourne Bosta l'autobus, road-movie musical énergique et flamboyant, sorte de symbole d'un Liban en reconstruction, loin des bombes. L'image du Liban souffre de ces guerres multiples qui ont endeuillé un pays martyr que l'on imagine mal, en occident, autrement que sous les ruines. Malheureusement, l'assassinat dans un attentat du Premier Ministre Libanais Rafic Hariri, marque le début d'une nouvelle période de déstabilisation profonde du pays. Une fois de plus l'idée d'une nation libre et paisible, comme le Caramel de Nadine Labaki nous le présentait il y a peu, est mise à mal. Mais le Liban de Caramel n'était qu'une parenthèse dans l'histoire tourmentée du Liban. Lors d'un bref entretien à Cannes en mai dernier, la réalisatrice (également actrice dans Bosta) nous confiait "les bombes ont recommencés à tomber sur Beyrouth alors que nous faisions la fête de fin de tournage sur la plage". Tout un symbole.
'Il fallait filmer avec les évènements et non pas contre les évènements" (P. Aractingi) Quand Bosta l'autobus sort en salles, le Liban est en guerre. Les bombes israéliennes tombent sur Beyrouth après que le Ezbollah ait capturés deux soldats de Tsahal. Sous les bombes, second long-métrage de Philippe Aractingi, marque bien les bouleversements dont a été victime le Liban depuis 2005. Le film a été tourné en direct et représente donc une réaction spontané et même quasi documentaire de cette période. Encore une fois, Aractingi nous embarque sur les routes du Liban. Une femme est à la recherche de son fils sans savoir si celui-ci est vivant. "Je courre après des fantômes" dit-elle. Le Liban que nous découvrons est en ruine, encore, après qu'un mois de bombardements ait tué des milliers de libanais, ensevelis sous les pierres. Le film montre les ravages d'une guerre, matérialisé par les décombres, mais avec un impact similaire sur les consciences. Un enfant de 13 ans explique qu'il vient de vivre sa deuxième guerre. Et même si un libannais explique qu'ils sont "tous les frères d'un même pays", le liban est un pays plus que jamais divisé. La guerre détruit tout, terrasse même ceux qui ne la concerne pas. Le parcours de cette mère est cahoteux mais guidé par l'espoir. La trajectoire qui est la sienne au coeur de ces ténèbres nous forcera à ressentir toute une palette de sentiments, qui sont les siens. Sous les bombes, la tragédie.
Il y a quelques semaines, nous évoquions le film israélien Beaufort, lequel se plaçait évidement du point de vue des soldats de Tsahal, dans ce même contexte de la guerre de 2006 entre Israël et le Liban. Alors on enfonce une porte ouverte, mais la guerre est terrible pour tous ces protagonistes. Nous avons là encore la preuve. Et Sous les bombes, est un témoignage bouleversant de ces traumatismes lointain et un film qu'il est important de voir.
Benoît Thevenin
Réalisé par Philippe Aractingi Avec Nada Abou Farhat, Georges Khabbaz Année de production : 2007 Sortie française le 14 mai 2008 Batman (1989, T. Burton) vs. The Dark Knight (2008, C. Nolan)
Batman Begins a plus ou moins divisé les spectateurs dans l'attente du renouveau de la franchise, après le massacre commis par Joel Schumacher dans sa succession à Tim Burton. The Dark Knight, par Chistopher Nolan encore, jouit d'un buzz extraordinaire, porté avant tout par la qualité des bandes-annonces. Un fan s'est amusé à un exercice de style assez troublant. Bien sûr, personne n'a encore vu The Dark Knight dans son intégralité. Mais le fan que nous évoquons s'est donc ingénié à réaliser une bande-annonce du Batman de Tim Burton sorti en 1989, en suivant scrupuleusement le modèle de montage de la première bande-annonce de The Dark knight ! La vidéo suivante vous permettra de comparer les deux bandes-annonces avec une sorte de constat : le retour aux sources est sans doute bien réel, Nolan est probablement un vrai fan du travail de Burton, et Burton a vraisemblablement influencé l'approche de Nolan. Pour savoir dans quelles largeurs, il faudra encore patienter jusqu'à la sortie officielle de The Dark Knight (13 août 2008) et le comparer plus en détail avec le film de Burton... B.T
"Teeth" de Mitchell Lichtensteinpublié le 25/01/2008
En compétition, Fantastic'Arts Gérardmer 2008 Teeth débute comme une comédie chaste autour de la perte de l'innocence. Dawn (Jess Weixler) est une jeune adolescente victime d'une particularité physique pour le moins effrayante : son vagin a des dents... et il mord. Pour se préserver, Dawn milite très activement dans un groupe prônant la chasteté jusqu'au mariage. Dawn, aussi jolie qu'inaccessible devient fatalement la cible des garçons de son lycée. Elle est celle qu'il faut pervertir, celle qui intrigue. A partir de cette idée détournée du syndrome médical Vagina Dentata, Mitchell Lichtenstein réalise un film hybride, entre horreur et comédie. Une véritable fable en fait, laquelle questionne les premiers désirs sexuels adolescents avec une férocité incroyable et un second degré vecteur de toutes les jouissances. Teeth se transforme presque en objet filmique féministe tant la gente masculine en prend pour son grade. Les personnages masculins sont tous des pourritures qui essayent de profiter de la fragilité supposée de Dawn. Il y a quelques scènes instantanément cultes, comme l'examen par le gynécologue ou la séquence de la perte réelle de la virginité de Dawn. En tout cas, Mitchell Lichtenstein ne nous épargne pas grand chose des castrations dont seront victimes les plus téméraires des boys du film. Dawn devient une super-héroïne, la défenseur de l'amour pur, et l'obstacle au bout desquelles les perversités des uns ne viendront jamais triompher. Satire grincante des amours adolescentes, Teeth est plus qu'une curiosité, une vraie révélation. Jess Weixler, qui joue le rôle de Dawn, est épatante et irrésistible. A noter la présence au casting de John Hensley - le fils de Sean dans Nip/Tuck - en demi-frère plus perturbé que sa soeur elle-même, par le secret de cette dernière. B.T
Réalisé par Mitchell Lichtenstein
Avec Jess Weixler, Hale Appleman, Josh Pais, ... Année de production : 2007 Sortie française le 7 mai 2008 L'actu cinéma du 5 mai
Indy, Batman & Shyamalan : nouvelles bandes-annonces ! Plus besoin de mots pour évoquer ces projets les plus attendus des semaines prochaines. Ci après, les nouvelles B.A de Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal, de The Dark knight et de Phénomènes, le nouveau film de Manoj Night Shyamalan.
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal
de Steven Spielberg (Bande-annonce 2)
The Dark Knight de Christopher Nolan (B.A 3)
Phénomènes de M. N. Shyamalan (B.A 3)
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